Morbi-mortalité de la trachéotomie en réanimation neurochirurgicale : étude de cohorte rétrospective monocentrique au CHU de Lille
- Trachéotomie
- hémorragie méningée
- traumatisme crânien
- ventilation mécanique prolongée
- Trachéotomie
- Soins intensifs en neurochirurgie
- Respiration artificielle
- Pneumonie acquise sous ventilation mécanique
- Sevrage de la ventilation mécanique
- Revues de mortalité-morbidité
- Trachéotomie
- Soins de réanimation
- Ventilation artificielle
- Sevrage de la ventilation mécanique
- Décanulation
- Langue : Français, Anglais
- Discipline : Médecine. Anesthésie Réanimation
- Identifiant : 2026ULILM139
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 22/05/2026
Résumé en langue originale
Introduction : Le timing optimal de la trachéotomie en neuro-réanimation reste débattu. Contrairement à la réanimation générale, la décision repose largement sur des facteurs neurologiques difficiles à standardiser. L’objectif de cette étude était de décrire les pratiques en vie réelle et d’identifier les déterminants cliniques et pronostiques de la trachéotomie en réanimation neurochirurgicale. Matériel et Méthodes : Étude observationnelle rétrospective monocentrique incluant 710 patients trachéotomisés en réanimation neurochirurgicale au CHU de Lille entre 2016 et 2024. Les données démographiques, neurologiques et respiratoires ont été analysées, incluant le timing de la trachéotomie, la ventilation mécanique, les PAVM, les complications et les modalités de sevrage. Des analyses multivariées ont été réalisées pour identifier les facteurs associés à la mortalité et à l’échec de décanulation Résultats : La population était sévère (IGS2 médian 52, Glasgow médian 7), dominée par les hémorragies méningées (36,2 %) et les traumatismes crâniens (28,1 %). Les indications de trachéotomie étaient majoritairement neurologiques (62 %). La trachéotomie était réalisée tardivement (J21), après une ventilation mécanique prolongée (21 jours avant, 4,9 jours après). Une incidence élevée de PAVM était observée avant la trachéotomie (84,2 %), nettement moindre après (28,9 %), suggérant une vulnérabilité infectieuse précoce. La mortalité était indépendamment associée à la durée de ventilation mécanique (OR 1,02/jour). À l’inverse, un état conscient à J+7 après trachéotomie était protecteur (OR 0,50), soulignant le rôle majeur de la récupération neurologique. Une amélioration de l’état de conscience était observée chez 36 % des patients (p < 0,001). Les troubles de la déglutition constituaient le principal facteur de risque d’échec de décanulation (OR 3,00), tandis que l’état de conscience était protecteur. Conclusion : Dans cette large cohorte de patients neurolésés, la trachéotomie est réalisée tardivement, après une ventilation mécanique prolongée. La récupération neurologique apparaît comme déterminant majeur du succès de décanulation. Ces résultats soutiennent une stratégie sélective plutôt que systématique de trachéotomie précoce, fondée sur une évaluation individualisée des trajectoires neurologiques et respiratoires.
- Directeur(s) de thèse : Lestrade, Victor
AUTEUR
- Soumare, Assa

