Évaluation du flumazénil dans le coma toxique en préhospitalier : impact sur le recours à l’intubation orotrachéale, efficacité et sécurité : étude rétrospective au SMUR de Lille, de 2023 à 2025
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- Troubles liés à l'usage de substances psychotropes
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- Services des urgences médicales
- Langue : Français
- Discipline : Médecine d'urgence
- Identifiant : 2026ULILM102
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 24/04/2026
Résumé en langue originale
Contexte : Le coma toxique représente une urgence préhospitalière fréquente, dominée par les intoxications médicamenteuses volontaires aux psychotropes. L'intubation orotrachéale (IOT) pour un score de Glasgow (GCS) inférieur à 8, longtemps considérée systématique, est aujourd'hui remise en question par l'essai NICO (JAMA, 2023), qui démontre le bénéfice d'une stratégie conservatrice. Dans ce contexte de désescalade invasive, le flumazénil, antagoniste spécifique des benzodiazépines, pourrait permettre d'éviter l'IOT en restaurant la conscience et les réflexes de protection des voies aériennes. Cependant, les données d'utilisation préhospitalière restent rares. Matériel et Méthodes : Étude rétrospective monocentrique portant sur les patients ayant reçu du flumazénil en phase préhospitalière par le SMUR de Lille et admis au CHU de Lille entre janvier 2023 et septembre 2025. Le critère de jugement principal était le taux de non-recours à l'IOT préhospitalière dans la population d'efficacité (n = 106, flumazénil seul). Les critères secondaires incluaient le profil de tolérance, le taux d'intubation secondaire, l'effet du relais par seringue auto-pousseuse (SAP), les facteurs prédictifs d'échec et l'impact sur les complications hospitalières. Résultats : Sur 106 patients (GCS médian 6 [EIQ 4-7] ; 83 % de poly-intoxications), 81 n'ont pas été intubés par le SMUR (76,4 %). Dans le sous-groupe avec critères d'IOT (n = 86), le taux de non-intubation était de 70,9 %. Aucune convulsion ni arythmie n'a été observée (0/124). Le relais par SAP réduisait significativement le taux d'intubation secondaire (12,0 % vs 41,4 % ; OR = 0,19 ; p = 0,005). Les facteurs associés à l'échec étaient la poly-intoxication (p = 0,004), un GCS initial bas (p = 0,013), la co-intoxication par neuroleptiques (p = 0,011) et l'absence de relais par SAP (p = 0,005). La durée médiane de séjour était de 42 heures. Aucun décès n'a été observé. Conclusion : Le flumazénil préhospitalier permet d'éviter l'IOT chez plus de 70 % des patients présentant un coma toxique, avec un profil de sécurité constant. Le relais par SAP apparaît comme un facteur protecteur majeur contre la re-sédation. Ces résultats, issus de l'une des plus importantes cohortes préhospitalières contemporaines, renforcent la place du flumazénil dans la stratégie de désescalade invasive du coma toxique et plaident pour une étude prospective multicentrique.
- Directeur(s) de thèse : Barron, Benjamin
AUTEUR
- Milbled, Louis
