Convertir sans rompre ? : le rôle des intermédiaires dans l’articulation entre agriculture biologique et agriculture conventionnelle en Hauts-de-France
- agriculture biologique ; Plan Bio Régional des Hauts-de-France ; structures intermédiaires ; intermédiation ; transition agroécologique ; Chambre Régionale d’Agriculture ; Bio en Hauts-de-France ; politique publique ; trajectoires de conversion
- Langue : Français
- Identifiant : ULIL_DMDT_2025_004
- Faculté/Ecole : Droit
- Date de soutenance : 14/05/2025
- Type de mémoire : Mémoire de Master
- Discipline : Science Politique
- Parcours : Métiers de la recherche en science politique (MRSP)
Résumé
Ce mémoire de recherche interroge le rôle des structures intermédiaires – la Chambre régionale d’agriculture (CRA) et l’association Bio en Hauts-de-France (Bio HDF) – dans la mise en oeuvre du Plan Bio des Hauts-de-France, un dispositif régional de soutien à la conversion à l’agriculture biologique (AB). Plutôt que de centrer l’analyse sur les trajectoires individuelles des agriculteurs, il s’intéresse à la manière dont deux institutions-clés, précédent citées, traduisent, s’approprient et mettent en oeuvre une même politique publique. Ces structures ne se contentent pas de relayer les orientations du Plan Bio : elles participent activement à leur interprétation, réélaboration et mise en forme concrète, agissant comme co-productrices de la politique publique. L’enquête montre que la CRA et Bio HDF portent des conceptions contrastées de l’AB : la première adopte une approche technico-économique, orientée vers la sécurisation des risques, tandis que la seconde défend une vision militante et écologique, ancrée dans une logique de transition agroécologique. Cette divergence ouvre un espace d’hybridation, où des logiques différentes coexistent, se combinent ou s’entrechoquent. Fondé sur une méthodologie qualitative (entretiens, observations, analyse documentaire), le travail met en évidence plusieurs dynamiques : le panachage des dispositifs d’accompagnement, la personnalisation croissante du conseil, mais aussi des tensions identitaires et institutionnelles traversant l’agriculture biologique. Ces tensions, perceptibles tant chez les agents que chez les agriculteurs, soulignent les enjeux de légitimité et d’adaptation propres à l’intermédiation. En définitive, le Plan Bio apparaît comme un dispositif souple, capable de faire coexister plusieurs modèles agricoles. Cette flexibilité constitue à la fois une richesse – en laissant place à des parcours différenciés – et une fragilité, face à l’instabilité des soutiens ou des orientations politiques. Ce travail ouvre ainsi des perspectives pour penser la fabrique de la transition agroécologique à travers le prisme des médiations, et les possibles cohabitations entre agriculture biologique et conventionnelle.
AUTEUR
- Buée, Clara
