Dépistage de la dysfonction érectile en médecine générale et freins à sa réalisation : étude qualitative par théorisation ancrée auprès de médecins généralistes de la Réunion
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- Insuffisance érectile
- Médecins généralistes
- Tabous
- Relations médecin-patient
- Dysfonctionnement érectile
- Médecins généralistes
- Diagnostic précoce
- Tabou
- Relations médecin-patient
- Erectile dysfunction
- prevention
- primary care
- qualitative study
- Langue : Français
- Discipline : Médecine générale
- Identifiant : 2025ULILM375
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 15/10/2025
Résumé en langue originale
Introduction : La dysfonction érectile (DE) est une pathologie fréquente et un symptôme sentinelle des maladies cardiovasculaires (MCV), particulièrement dans des zones à haut risque comme La Réunion. Bien que le médecin généraliste (MG) soit l'interlocuteur privilégié par les patients, le sujet est très peu abordé en consultation. L'objectif de cette étude était d'explorer les freins au dépistage de la DE en médecine générale du point de vue des praticiens. Méthode : Une étude qualitative inspirée de la théorisation ancrée a été menée. Les données ont été recueillies par entretiens individuels semi-dirigés auprès de neuf médecins généralistes (hommes et femmes, installés et remplaçants) exerçant à La Réunion. Une analyse thématique des retranscriptions a été réalisée afin de faire émerger les concepts et de les articuler dans un modèle explicatif. Résultats : L'analyse révèle une inertie partagée où le médecin attend que le patient parle et inversement. Les freins du médecin sont un sentiment d'illégitimité (manque de formation, statut, genre), la crainte d'être intrusif et des contraintes pratiques (manque de temps, priorisation d'autres pathologies). Du côté du patient, les médecins perçoivent une barrière majeure liée à la honte, à la peur du jugement et à une identité masculine fortement associée à la performance sexuelle. La relation de confiance et l'implication du partenaire sont les principaux facilitateurs identifiés. Discussion : Le décalage entre le rôle théorique du MG et sa pratique s'explique par un tabou partagé et renforcé par les deux acteurs. Le médecin, en anticipant la gêne du patient, justifie sa propre passivité. L'enjeu n'est donc pas technique mais relationnel. Pour surmonter ces freins, il est nécessaire de former les médecins aux techniques de communication et d'intégrer systématiquement la question dans le suivi des patients à risque cardiovasculaire. Cette approche permet de "médicaliser" le sujet, de légitimer la parole et de briser le cycle du silence, au bénéfice de la santé globale du patient.
- Directeur(s) de thèse : Cauet, Charles
AUTEUR
- Tardieu, Adham
