Étude sur la morbi-mortalité au décours d’un choc anaphylactique au cours d’une anesthésie générale
- Anaphylaxie périopératoire
- choc anaphylactique
- adrénaline
- réanimation
- séquelles
- morbidité
- score HCSS
- prise en charge postopératoire
- Anaphylaxie
- Complications anesthésiques
- Anesthésie générale
- Revues de mortalité-morbidité
- Épinéphrine
- Anaphylaxie
- Complications peropératoires
- Anesthésie générale
- Morbidité
- Mortalité
- Épinéphrine
- Langue : Français, Anglais
- Discipline : Médecine. Anesthésie Réanimation
- Identifiant : 2025ULILM309
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 07/10/2025
Résumé en langue originale
ontexte : L’anaphylaxie périopératoire est une réaction d’hypersensibilité rare mais potentiellement fatale, survenant le plus souvent lors de l’induction anesthésique. Après le traitement initial, le clinicien doit décider de la surveillance du patient : en salle de réveil prolongée ou en réanimation, dans un contexte où les lits de soins critiques sont limités. En France, les recommandations actuelles reposent essentiellement sur l’avis d’experts, sans étude ayant spécifiquement évalué les critères d’admission en réanimation après anaphylaxie périopératoire. Matériel et Méthodes : Nous avons conduit une étude rétrospective monocentrique sur 11 ans au CHU de Lille. Les patients adultes sous anesthésie générale ont été sélectionnés sur la base d’un dosage peropératoire de tryptase associé à une administration d’adrénaline ou de noradrénaline, ou de la mention explicite d’un choc anaphylactique dans le dossier médical. Les cas probables ont été validés par le score clinique HCSS. Les comparaisons intergroupes ont été réalisées par tests statistiques adaptés, et une régression logistique a exploré les facteurs associés aux séquelles à 30 jours. La valeur pronostique de la dose d’adrénaline a été évaluée par analyse ROC. Résultats : Parmi 630 000 procédures anesthésiques, 183 cas d’anaphylaxie périopératoire probable ont été recensés. Les curares étaient les agents les plus souvent impliqués (73,2 %), suivis des antibiotiques (19,1 %). La mortalité à 30 jours était de 2,7 %, et 20,2 % des patients présentaient des séquelles d’organe, principalement respiratoires, rénales ou cardiovasculaires. Une dose élevée d’adrénaline (>400 μg) était associée à un risque accru de séquelles, bien que sa performance prédictive reste limitée (AUC = 0,61). Les patients admis en réanimation présentaient plus souvent des complications à 30 jours (26,8 % vs 5,4 %, p = 0,0006). Conclusion : L’anaphylaxie périopératoire sévère était associée à une morbidité précoce dans 20 % des cas. Une dose totale d’adrénaline supérieure à 400 μg était liée à la survenue de complications, mais avec une valeur discriminative limitée. L’évaluation clinique au lit du malade semble pertinente pour identifier les patients pouvant être pris en charge en dehors de la réanimation. Des études multicentriques prospectives sont nécessaires pour valider des marqueurs précoces de sévérité et, à terme, développer des scores composites optimisant les stratégies d’orientation postopératoire.
- Directeur(s) de thèse : Rousseleau, Damien
AUTEUR
- Luong, Antoine
