Titre original :

Le littoral septentrional français : un arrière-front au coeur de la Grande Guerre (1914-1919)

Titre traduit :

The northern French coastline : a rear front during the Great War (1914-1919)

Mots-clés en français :
  • Littoral
  • Grande Guerre
  • Territoire
  • Septentrional
  • Arrière-Front

  • Littoraux
  • 1914-1918 (Guerre mondiale)
Mots-clés en anglais :
  • Coastline
  • Great War
  • Territory
  • Northern
  • Rear-Front

  • Langue : Français
  • Discipline : Histoire et civilisations : histoire des mondes modernes, histoire du monde contemporain ; de l'art ; de la musique
  • Identifiant : 2025ULILH076
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 18/12/2025

Résumé en langue originale

Jouissant d'une situation hautement stratégique, à proximité immédiate du front belge et à quelques encablures de l'un des théâtres majeurs de la guerre sous-marine dans la mer du Nord, le littoral septentrional français constitue une bande de territoire soumise à toutes les pressions et contraintes inhérentes à une position d'arrière-front, sur un mode amplifié dans la mesure où ce territoire, structuré par trois grands ports de commerce, a constitué tout au long de la guerre un objectif à portée de mains des Allemands. L'évolution de ce littoral placé dans la zone des armées et bien connecté par voie ferroviaire aux fronts de l'Yser et de la Somme, est intrinsèquement liée à son rôle dans la logistique de guerre non seulement de l'armée française mais aussi de l'armée belge qui fait de Calais une grande base de repli, et de l'armée britannique qui s'implante d'abord à Boulogne-sur-Mer mais aussi à Dunkerque et à Calais. Des soldats cantonnent dans tout l'arrière-pays, d'autres sont soignés dans les nombreux hôpitaux militaires qui couvrent le littoral septentrional, transformé en une très vaste base sanitaire. Le littoral septentrional français accueille également des lieux de pouvoir transférés depuis les régions occupées par les Allemands ainsi que des conférences internationales. Les soldats alliés nouent des contacts avec la population civile, de façon à la fois limitée et circonscrite. Le littoral septentrional, vit pendant tout le conflit et durant les mois qui suivent l'Armistice au rythme de l'élément militaire, qui impose sa gouvernance. Les pouvoirs civils n'en restent pas moins très mobilisés pour obtenir un renforcement de la protection de leurs administrés face aux bombardements. Les villes portuaires du littoral septentrional sont en effet très exposées à la violence de guerre, de façon d'autant plus marquée qu'elles se situent à une plus grande proximité du front terrestre mais aussi du front maritime : ainsi, Dunkerque est-elle particulièrement touchée, non seulement par des raids aériens mais aussi par des tirs effectués par canon à longue portée depuis la terre et depuis la mer. Si l'on enregistre un exode partiel face à cette menace, la population, globalement, tient bon. Calais et, dans une moindre mesure Boulogne-sur-Mer, ne sont pas épargnées. Les ports constituent en effet une cible privilégiée pour l'ennemi : parvenir à les bloquer, c'est entraver toute la logistique alliée. Face à une explosion des importations et à la congestion chronique du rail, les ports doivent augmenter leurs rendements et leurs capacités d'évacuation des marchandises : cela passe par un renforcement de leur outillage et de leurs espaces de stockage et par le recours à des moyens de transport additionnels (barges de mer, ferry-boat). Dockers professionnels et non professionnels, travailleurs chinois, prisonniers de guerre et femmes participent aux opérations de manutentions aux côtés des militaires, non sans certaines tensions. Malgré les bombardements, la production économique se poursuit. Construction navale à Dunkerque, aciérie et cimenteries dans le Boulonnais, usine de chimie organique à Calais travaillent pour le compte de la défense nationale. D'autres activités fortement implantées dans la région (pêche, dentelle mécanique à Calais) s'avèrent résilientes, tandis que l'économie balnéaire apparaît comme la grande perdante du conflit. Bon nombre de réfugiés, en provenance de la Belgique et des zones du Nord-Pas-de-Calais envahis se sédentarisent sur le littoral, notamment dans les stations balnéaires (Berck, Le Touquet), ce qui accroît une pression démographique déjà très forte en raison d'une présence militaire massive, laquelle s'est accompagnée d'un cortège de contraintes pour les populations. Envisagé sous ses aspects sociaux, économiques mais aussi environnementaux, le devenir du littoral septentrional français durant la Grande Guerre éclaire la façon dont a été vécue l'épreuve du conflit à l'arrière-front.

Résumé traduit

Enjoying a highly strategic location, close to the Belgian front and a stone's throw from one of the major theaters of submarine warfare in the North Sea, the northern French coastline was a strip of territory subject to all the pressures and constraints inherent in a rear-front position, amplified by the fact that this territory, structured around three major commercial ports, was a target within easy reach of the Germans throughout the war. The evolution of this coastline, located in the army zone and well connected by rail to the Yser and Somme fronts, is intrinsically linked to its role in war logistics. It was used not only by the French army but also by the Belgian army, which made Calais a major base of retreat, and by the British army, which initially established itself in Boulogne-sur-Mer but also in Dunkirk and Calais. Soldiers were stationed throughout the hinterland, while others were treated in the many military hospitals that covered the northern coastline, which was transformed into a vast medical base. The northern French coastline also hosted government offices that had been transferred from German-occupied areas, as well as international conferences. Allied soldiers established limited and restricted contact with the civilian population. Throughout the conflict and in the months following the Armistice, the northern coastline lived at the pace of the military, which imposed its governance. Nevertheless, the civil authorities remained highly mobilized to obtain greater protection for their citizens against bombing. The port cities of the northern coastline were particularly exposed to the violence of war, especially as they were located closer to both the land and sea fronts. Dunkirk was particularly affected, not only by air raids but also by long-range cannon fire from land and sea. Although there was a partial exodus in the face of this threat, the population as a whole held firm. Calais and, to a lesser extent, Boulogne-sur-Mer were not spared. Ports were a prime target for the enemy: blocking them meant disrupting the entire Allied logistics system. Faced with an explosion in imports and chronic rail congestion, ports had to increase their throughput and cargo handling capacity. This required upgrading their equipment and storage space and using additional means of transport (sea barges, ferries). Professional and non-professional dockers, Chinese workers, prisoners of war, and women all took part in the operations. Despite the bombings, economic production continued. Shipbuilding in Dunkirk, steelworks and cement factories in the Boulogne area, and an organic chemistry plant in Calais all worked on behalf of national defense. Other activities with a strong presence in the region (fishing, mechanical lace-making in Calais) proved resilient, while the seaside economy appeared to be the big loser of the conflict. Many refugees from Belgium and the invaded areas of Nord-Pas-de-Calais settled on the coast, particularly in seaside resorts (Berck, Le Touquet), increasing the demographic pressure that was already very high due to the massive military presence, which brought with it a host of constraints for the population. Viewed from a social, economic, and environmental perspective, the fate of the northern French coastline during the Great War sheds light on how the conflict was experienced behind the front lines.

  • Directeur(s) de thèse : Condette, Jean-François
  • Président de jury : Cronier, Emmanuelle
  • Membre(s) de jury : Boniface, Xavier - Van Ypersele, Laurence - Lembré, Stéphane
  • Rapporteur(s) : Michonneau, Stéphane - Vidal-Naquet, Clémentine
  • Laboratoire : Institut de recherches historiques du Septentrion (Villeneuve d'Ascq, Nord ; 2006-2025)
  • École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société

AUTEUR

  • Domain, Magali
Droits d'auteur : Ce document est protégé en vertu du Code de la Propriété Intellectuelle.
Accès réservé à l'ensemble de la communauté universitaire