Interstices culturels de la transition et de la post-dictature uruguayennes : itinéraires de la « génération de la bruine » (1980-2010)
Cultural Interstices in Uruguay's Transition and Post-Dictatorship : Journeys of the “Mist Generation” (1980-2010)
- Uruguay
- Dictature militaire
- Transition démocratique
- Génération de la bruine
- Movida
- Interstices culturels
- Vie artistique
- Démocratisation
- Uruguay -- 1985-....
- Uruguay -- 1973-1985 (Dictature)
- Uruguay
- Military dictatorship
- Democratic transition
- Mist Generation
- Movida
- Cultural interstices
- Langue : Français
- Discipline : Langues et littératures romanes
- Identifiant : 2025ULILH045
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 28/11/2025
Résumé en langue originale
Cette thèse explore les interstices du champ culturel montévidéen dans le contexte de la transition démocratique et de la post-dictature uruguayenne, à travers l'étude de la Movida des années 1980 et de ses prolongements. Elle couvre la période allant de 1980, année du plébiscite constitutionnel amorçant le processus de redémocratisation, jusqu'en 2010, date de l'achèvement du premier gouvernement de gauche dans l'histoire du pays. La Movida est ici abordée selon deux axes de réflexion. D'une part, comme contre-récit culturel de la transition, révélant ses zones d'ombre, notamment la persistance de logiques autoritaires et l'exclusion symbolique de certains acteurs. D'autre part, comme phénomène artistique et subjectif à part entière, hétérogène et souvent inclassable, dont les formes d'expression — musique, littérature, poésie, performance, revues souterraines, interventions urbaines — ont produit de nouveaux langages et instauré des régimes de sensibilité dissidents, donnant voix et visibilité à des expériences que la démocratie restaurée préférait taire. Pour rendre compte de cette double dimension, cette recherche s'appuie sur les trajectoires singulières de trois figures centrales : Lalo Barrubia, Irene ‘Pepi' Gonçálves et Gustavo Escanlar. Tous trois appartiennent à ce que nous appelons la « génération de la bruine », une jeunesse marquée par l'insilio imposé par la dictature militaire (1973-1985), les razzias policières, la culture du silence et de l'impunité, la précarité économique et une exclusion durable des mécanismes de participation politique, sociale et culturelle. L'analyse longitudinale de leurs parcours, déployés depuis les marges du champ culturel, met en lumière leurs continuités, leurs bifurcations et leurs reconversions, et permet de mesurer l'impact durable de la Movida — et de ce qu'elle représente — sur leurs existences comme sur l'ensemble du champ culturel uruguayen. Cette recherche propose ainsi une lecture située et critique de la Movida montévidéenne, envisagée à la fois comme expérience esthétique et existentielle, geste politique et mémoire active du passé récent.
Résumé traduit
This thesis delves into the interstices of Montevideo's cultural field in the context of Uruguay's democratic transition and post-dictatorial era, through an in-depth study of the Movida of the 1980s and its subsequent reverberations. It encompasses the period from 1980, the year of the constitutional plebiscite that initiated the redemocratization process, to the conclusion of the country's first left-wing government in 2010. The Movida is approached through two analytical perspectives. First, as a cultural counter-narrative to the transition, shedding light on its blind spots, particularly the persistence of authoritarian logics and the symbolic exclusion of certain actors. Second, as an autonomous artistic and subjective phenomenon, heterogeneous and often resistant to classification, whose diverse modes of expression — music, literature, poetry, performance, underground journals, and urban interventions — forged new languages and instituted dissident regimes of sensibility and visibility, rendering perceptible experiences and discourses that the restored democracy sought to suppress. To account for this dual dimension, the study focuses on the trajectories of three emblematic figures: Lalo Barrubia, Irene ‘Pepi' Gonçálves, and Gustavo Escanlar. All three belong to what this research identifies as the ‘Mist Generation', a cohort shaped by insilio imposed by the civic-military dictatorship (1973-1985), ongoing police repression, a culture of silence and impunity, economic precarity, and long-term exclusion from political, social, and cultural participation. The longitudinal analysis of their paths, articulated from the margins of the cultural field, highlights continuities, bifurcations, and reconfigurations, and thus assesses the enduring impact of the Movida — and of what it embodies — on both their individual lives and the broader Uruguayan cultural field. This dissertation therefore offers a situated and critical reading of the Montevideo Movida, understood simultaneously as an aesthetic and existential experience, a political gesture, and an active memory of the country's recent past.
- Directeur(s) de thèse : Guillemont, Michèle - Chouitem, Dorothée
- Président de jury : Lobo Pedreros, Olga
- Membre(s) de jury : Rey Tristán, Eduardo - Caplán, Raúl
- Rapporteur(s) : Lobo Pedreros, Olga - Fisbach, Erich
- Laboratoire : Centre d'études en civilisations, langues et lettres étrangères (Villeneuve-d'Ascq, Nord ; 2006-....)
- École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
AUTEUR
- Rodríguez García, Lucía

