Titre original :

« Forçats du bitume » et « ouvriers du jeu vidéo » en grève : nouvelles formes d’action collective dans le capitalisme numérique

Titre traduit :

Street hard-workers and videogames workers on strike : new forms of collective action within digital capitalism

Mots-clés en français :
  • Renouveau syndical
  • Relations professionnelles
  • Grève
  • Mobilisations collectives
  • Capitalisme numérique

  • Syndicalisme
  • Conditions de travail
  • Grèves et lock-out
  • Mouvements sociaux
Mots-clés en anglais :
  • Union revitalization
  • Industrial relations
  • Strike
  • Collective action
  • Digital capitalism

  • Langue : Français
  • Discipline : Science politique
  • Identifiant : 2025ULILD030
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 18/12/2025

Résumé en langue originale

Cette thèse retrace le processus de construction de mobilisations professionnelles dans des secteurs émergents de l’économie numérique particulièrement défavorables à l’action collective : la livraison à domicile et la conception de jeux vidéo. Cette comparaison de deux mondes professionnels permet de revenir sur l’unité supposée d’un nouveau « capitalisme numérique ». L’étude de secteurs qui étaient jusqu’alors des déserts syndicaux est l’occasion d’actualiser les nombreux travaux sur la « crise » » et le « renouveau » du syndicalisme en se demandant ce que ces nouvelles configurations socio-techniques font aux logiques et aux formes d’engagement. L’enquête qualitative révèle que des éléments de l’organisation du travail producteurs d’individualisme peuvent, paradoxalement, devenir le ferment de contestations. La conflictualité, qui s’exprime par l’organisation de grèves plus ou moins régulières, est à l’origine des premières formes d’organisation collective dans chacun des secteurs. La syndicalisation progressive suit des logiques exogènes et endogènes aux milieux de travail, qui expliquent des formes d’adaptation du répertoire d’action aux enjeux spécifiques que rencontrent les travailleur.ses, tout en réaffirmant l’importance des syndicats « traditionnels » pourvoyeurs d’importances ressources. Leur légitimité est cependant contestée par un ensemble d’acteurs –politiques, associatifs ou humanitaires – investis dans la défense de ces travailleur.ses et la contestation des multinationales du capitalisme numérique. L’évolution des mobilisations révèle des dynamiques d’institutionnalisation ambivalentes.

Résumé traduit

This work traces the process of new collective mobilization in emerging sectors of the digital economy that are particularly unfavorable to collective action: ride-hailing delivery and video game production. This comparison of two professional worlds allows us to challenge the supposed unity of a new “digital capitalism.” The study of sectors that were previously union-free provides an opportunity to update the previous studies on the “crisis” and ‘renewal’ of trade unionism by asking what these new socio-technical configurations do to activism logics and forms. The qualitative survey reveals that elements of work organization that promote individualism can, paradoxically, become a catalyst for protest. Conflict, which is expressed through the organization of more or less regular strikes, is at the root of the first forms of collective organization in each of these sectors. Gradual unionization follows logic that is both exogenous and endogenous to the workplace, which explains how the repertoire of action is adapted to the specific issues faced by workers, while reaffirming the importance of “traditional” unions as providers of significant resources. However, their legitimacy is contested by a range of actors—political, associative, and humanitarian—who are committed to defending these workers and challenging the multinational corporations of digital capitalism. The evolution of these mobilizations reveals ambivalent institutionalization dynamics.

  • Directeur(s) de thèse : Contamin, Jean-Gabriel - Yon, Karel
  • Membre(s) de jury : Bernard, Sophie - Lejeune, Aude - Ferret, Nathan
  • Rapporteur(s) : Béroud, Sophie - Dupuy, Camille
  • Laboratoire : Centre d'études et de recherches administratives politiques et sociales (Lille)
  • École doctorale : École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille ; 1992-....)

AUTEUR

  • Lebas, Chloé
Droits d'auteur : Ce document est protégé en vertu du Code de la Propriété Intellectuelle.
Accès libre