Évaluation rétrospective à partir de la base de données nationale CARADERM de l’évolution des patients en réponse complète sous immunothérapie pour un carcinome de Merkel
- Carcinome de Merkel
- immunothérapie
- CARADERM
- réponse complète
- anti-PD1
- Merkelome
- Bases de données -- Interrogation
- Récidive (médecine)
- Évolution de la maladie
- Carcinome à cellules de Merkel
- Immunothérapie
- Base de données
- Réponse pathologique complète
- Récidive
- Résultat thérapeutique
- Langue : Français, Anglais
- Discipline : Médecine. Dermatologie vénéréologie
- Identifiant : 2026ULILM232
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 01/07/2026
Résumé en langue originale
Le carcinome à cellules de Merkel (MCC) est une tumeur cutanée rare, agressive, dont le pronostic a été profondément modifié par l’arrivée des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICIs). Cependant, chez les patients obtenant une réponse complète (RC) sous immunothérapie, plusieurs questions restent non résolues : la durabilité de cette réponse, le risque de récidive après arrêt du traitement, la durée optimale de maintien de l’immunothérapie après réponse complète et l’efficacité du rechallenge. Nous avons mené une étude rétrospective multicentrique à partir de la base de données nationale française CARADERM. Parmi 630 patients ayant reçu au moins une dose d’ICIs, 161 patients ayant obtenu une RC ont été inclus. Les facteurs potentiellement associés au risque de récidive après arrêt ont été étudiés par modèles de Cox univariés. Le suivi médian était de 3,8 ans après RC. Dans la population globale, l’incidence cumulée de récidive ou de décès lié au MCC était de 9,9 % à 1 an et de 43,6 % à 5 ans. Parmi 125 patients ayant arrêté l’immunothérapie alors qu’ils étaient toujours en RC, le suivi médian après arrêt était de 3 ans, et l’incidence cumulée de récidive ou de décès lié au MCC atteignait 21,8 % à 1 an et 41,9 % à 5 ans. La durée de maintien de l’immunothérapie après RC n’était pas associée au risque de récidive après arrêt, y compris lorsqu’elle était analysée selon un seuil de 12 mois. En revanche, un taux de LDH plus élevé et une localisation primitive non céphalique étaient associés à un risque plus élevé de récidive. Parmi les 40 patients ayant rechuté après arrêt, l’immunothérapie a été reprise chez 32 patients, avec une réponse chez 66 % d’entre eux, dont 17 RC. L’absence d’association entre la durée de maintien du traitement et le risque de récidive après arrêt ne permet pas de retenir un seuil unique de durée thérapeutique applicable à tous les patients. En revanche, certains paramètres, dont le taux de LDH et la localisation de la tumeur primitive, pourraient contribuer à affiner l’évaluation du risque individuel. L’efficacité du rechallenge après récidive en fait une option pertinente chez une proportion importante de patients. Ce travail apporte des éléments pratiques pour la prise en charge des patients en RC sous immunothérapie, plaidant pour une stratégie individualisée d’arrêt et de surveillance, intégrant le risque de rechute, la tolérance, les comorbidités et les possibilités de retraitement.
- Directeur(s) de thèse : Boileau, Marie
AUTEUR
- Arcan, Lou
