Efficacité et tolérance de l’immunothérapie chez les patients de plus de 70 ans traités pour un cancer colorectal métastatique ou localement avancé non résécable : une étude en vie réelle
- Cancer colorectal
- dMMR/MSI
- personne âgée
- immunothérapie
- évaluation gériatrique approfondie
- fragilité gériatrique
- survie globale
- toxicité
- déclin fonctionnel gériatrique
- Cancer colorectal
- Immunothérapie anticancéreuse
- Résistance aux médicaments
- Inhibiteurs de points de contrôle immunitaire
- Oncogériatrie
- Survie (médecine)
- Tumeurs colorectales
- Immunothérapie
- Tolérance aux médicaments
- Tumeurs colorectales
- Inhibiteurs de points de contrôle immunitaires
- Survie
- Langue : Français, Anglais
- Discipline : Médecine. Oncologie
- Identifiant : 2026ULILM213
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 25/06/2026
Résumé en langue originale
Contexte : Le cancer colorectal est fréquent chez les patients âgés de plus de 70 ans. Son pronostic s’est récemment amélioré grâce à l’avènement des inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI). Cependant, les patients âgés sont sous-représentés dans les essais cliniques pivots et leur prise en charge reste difficile à extrapoler. L’oncogériatrie et l’évaluation gériatrique approfondie occupent ainsi une place centrale dans la prise en charge de ces patients. Matériel et Méthodes : Nous avons mené une étude rétrospective, multicentrique, observationnelle, française et belge, à partir de la base de données IMMUNODIG-MSI. L’objectif était d’évaluer la survie globale et le temps jusqu’au prochain traitement chez les patients âgés de plus de 70 ans inclus dans l’étude. Nous avons également cherché à analyser l’impact des caractéristiques gériatriques sur l’efficacité et la toxicité des ICI. Nous avons également évalué la survenue d’un déclin fonctionnel, défini comme une hospitalisation, la mise en place d’aide à domicile, l’institutionnalisation ou la survenue d’une chute. Résultats : Entre juin 2015 et décembre 2023, 183 patients inclus dans la base de données IMMUNODIG-MSI et traités par ICI pour un cancer colorectal ont été analysés. Les patients étaient âgés de 70 à 97 ans. Le cancer du côlon droit représentait 82 % des cas. La médiane de survie globale était de 53 mois chez les patients de moins de 80 ans, de 43 mois chez ceux âgés de 80 à 90 ans, et de 21 mois chez les patients de plus de 90 ans. Le Time To Next Treatment (TTNT) médian était de 27 mois dans la population globale. L’arrêt du traitement était lié à la progression dans 33,9 % des cas et à la toxicité dans 12,8 % des cas. Des événements indésirables de grade ≥3 ont été observés chez 13 % des patients. Parmi les patients traités par double immunothérapie, 28 % ont présenté une toxicité de grade ≥3. En analyse multivariée, un bon état général (PS <2) et l’introduction précoce de l’immunothérapie dans la séquence thérapeutique étaient indépendamment associés à une meilleure survie globale (p = 0,007 et p = 0,006, respectivement). Aucune association n’a été retrouvée entre les facteurs de fragilité gériatrique et la toxicité. La survenue d’un déclin fonctionnel gériatrique est plus fréquente chez les patients qui n’ont pas reçu de consultation d’oncogériatrie. Les facteurs associés à la survenue sont un PS > 2, les toxicités de grade ≥ 3, la survenue d’une chute avant le traitement, un critère de dénutrition et de dénutrition sévère. Conclusion : Cette étude est l’une des premières à évaluer avec des données gériatriques l’immunothérapie chez les patients âgés atteints de cancer colorectal métastatique ou localement avancé. Nos résultats montrent une efficacité clinique pertinente et une tolérance acceptable dans cette population sous-représentée. Toutefois, des signaux de sécurité apparaissent avec la double immunothérapie, associée à un taux plus élevé d’événements indésirables potentiellement sévères. Aucun domaine gériatrique n’a été identifié comme prédictif de l’efficacité ou de la toxicité, soulignant la complexité de cette population hétérogène et la nécessité de recherches complémentaires. Un déclin fonctionnel gériatrique est noté chez les patients présentant des fragilités gériatriques initiales.
- Directeur(s) de thèse : Bridoux, Marie
AUTEUR
- Rollet, Emilie

