Vécu émotionnel des médecins généralistes dans leurs relations avec les patientes : examens intimes et évolutions sociétales
- Relations médecin-patient
- analyse des sentiments
- violence sexiste
- changement social
- santé des femmes
- Relations médecin-patient
- Médecins généralistes
- Examen gynécologique
- Violences sexuelles
- Relations médecin-patient
- Médecins généralistes
- Examen physique
- Santé des femmes
- Violence sexiste
- Langue : Français
- Discipline : Médecine générale
- Identifiant : 2026ULILM203
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 23/06/2026
Résumé en langue originale
Contexte : En médecine générale, la relation médecin-patient occupe une place centrale. L’examen clinique constitue un temps essentiel de cette relation, mobilisant plusieurs compétences, en particulier lorsqu’il concerne les zones corporelles intimes. Les évolutions sociétales récentes, notamment la médiatisation des violences sexistes et sexuelles [VSS], la féminisation de la médecine, ont contribué à redéfinir les normes encadrant la réalisation des examens intimes des femmes. Si les attentes des patientes sont aujourd’hui mieux documentées, le vécu émotionnel des médecins généralistes dans leurs relations avec les patientes au cours de ces examens reste peu exploré. Objectif : Explorer le vécu émotionnel des médecins généralistes concernant leur relation avec les patientes lors de la réalisation d’examens intimes. Méthode : Une étude qualitative par entretiens semi-dirigés individuels a été réalisée auprès de 11 médecins généralistes exerçant dans le département du Nord. Une analyse par théorisation ancrée a été menée jusqu’à suffisance théorique des données. Résultats : Le vécu des médecins apparaissait contrasté selon leur genre, leur expérience et leur rapport à l’intimité. Plusieurs femmes médecins décrivaient une plus grande facilité à créer une patientèle féminine, et le recueil du consentement était plus volontiers présenté comme un levier d’alliance thérapeutique et de réassurance. À l’inverse, plusieurs médecins hommes rapportaient un climat d’insécurité relationnelle marqué par la peur d’être mal interprétés ou accusés générant des conduites défensives telles que l’autocensure, l’hypervigilance, la présence d’un tiers. Au-delà de ces différences, l’ensemble des participants soulignaient l’importance d’une communication explicite, d’aménagements matériels préservant la pudeur, et d’une formation renforcée. Conclusion : La réalisation d'examens intimes cristallise de nouveaux enjeux relationnels dans le contexte sociétal actuel. Mieux accompagner le vécu des praticiens notamment par une formation renforcée en gynécologie, au repérage des VSS, ainsi que par des espaces d'échange entre pairs, pourrait contribuer à atténuer les postures défensives. Ces évolutions constituent une opportunité de promouvoir des soins plus sécurisés et plus humains pour les patientes, en prenant en compte le ressenti des praticiens.
- Directeur(s) de thèse : Bayen, Marc
AUTEUR
- Borel, Maguelone

