Prévalence, phénotype et pronostic des variants non-V600BRAF dans les cancers réfractaires de la thyroïde
- Non-V600BRAF
- cancer thyroïdien réfractaire à l’iode
- thérapie ciblée
- pronostic
- Glande thyroïde -- Cancer
- Iode -- Isotopes
- Résistance aux médicaments
- Thérapie moléculaire ciblée
- Évolution de la maladie
- Survie (médecine)
- Tumeurs de la thyroïde
- Iode
- Résistance aux substances
- Thérapie moléculaire ciblée
- Évolution de la maladie
- Survie sans progression
- Langue : Français
- Discipline : Médecine. Endocrinologie et métabolismes
- Identifiant : 2026ULILM092
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 10/04/2026
Résumé en langue originale
Introduction : Bien que le cancer de la thyroïde soit généralement de bon pronostic, l’émergence d’une réfractarité à l’iode radioactif (RAIR) restreint considérablement les options thérapeutiques et assombrit les perspectives cliniques. Les mutations du gène BRAF, présentes dans environ 60 % des cas, constituent des biomarqueurs essentiels. Toutefois, si la mutation V600EBRAF est largement documentée, l’impact clinique et thérapeutique des mutations plus rares, dites non-V600BRAF, demeure mal caractérisé. Cette étude vise à définir la prévalence, le profil clinico-moléculaire ainsi que le pronostic de ces mutations spécifiques au sein de la population de patients ayant un cancer thyroïdien RAIR. Matériel et méthodes : Une étude rétrospective multicentrique a été menée chez des patients atteints d’un cancer thyroïdien RAIR présentant une mutation non-V600BRAF, recrutés entre 2010 et 2025 dans une cohorte nationale française issue des données des centres du réseau expert ENDOCAN-TUTHYREF. Résultats : Des mutations non-V600BRAF ont été identifiées chez 25 patients et représentaient 9 % de toutes les mutations BRAF observées. Ces tumeurs étaient significativement plus souvent associées à des co-mutations que celles des patients avec une mutation V600BRAF ou WTBRAF (p < 0,001 et p < 0,01 respectivement) concernant principalement les gènes impliqués dans la voie PI3KAKT- mTOR et TP53. Les métastases osseuses étaient une particularité fréquente pour les patients avec mutations non-V600BRAF, contre V600BRAF et WTBRAF (71 % contre 26 % et 56 %, p < 0,001). On notait une différence significative de survie sans progression entre les patients avec une mutation non-V600BRAF et V600BRAF sous inhibiteurs de BRAF +/- MEK (p = 0,049). 5 patients avec une mutation non-V600BRAF ont pu bénéficier d’une redifférenciation, avec une PFS de 17 mois (min-max : 4-39). La survie globale était similaire entre les sous-groupes après ajustement (non-V600BRAF vs WTBRAF, p = 0,48 ; V600BRAF vs WTBRAF, p = 0,97). Conclusion : Cette étude souligne que les cancers thyroïdiens RAIR porteurs de mutations non-V600BRAF présentent des caractéristiques phénotypiques et des réponses aux traitements spécifiques. L'identification de ces variants est donc essentielle pour affiner le pronostic et optimiser la prise en charge thérapeutique, dans le cadre d'une médecine de précision.
- Directeur(s) de thèse : Chevalier, Benjamin
AUTEUR
- Mionnet, Alice
