Eskétamine : une alternative efficace à l’analgésie standard chez les patients brûlés ? : étude rétrospective comparative au Centre de Traitement des Brûlés du CHU de Lille
- .
- Eskétamine
- Analgésie
- Morphine
- Gestion de la douleur
- Brûlés
- Anesthésie et analgésie
- Morphine
- Gestion de la douleur
- Unités de soins intensifs de brûlés
- Tolérance aux médicaments
- Esketamine
- burn surgery
- general anaesthesia
- pain management
- post anaesthesia care unit
- Langue : Français
- Discipline : Médecine. Anesthésie Réanimation
- Identifiant : 2026ULILM027
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 13/02/2026
Résumé en langue originale
Contexte : L’eskétamine est de plus en plus utilisée en anesthésie procédurale mais les données en vie réelle concernant sa capacité d’épargne morphinique et sa tolérance restent rares. Nous avons évalué son impact sur les besoins post-opératoires en morphine et sur le profil de récupération au sein d’un centre régional de traitement des brûlés. . Matériel et méthodes : Après approbation par notre Comité d’Ethique et Scientifique local (2 juin 2024), nous avons mené une étude observationnelle rétrospective monocentrique au Centre de Traitement des Brûlés du CHU de Lille. Nous avons inclus toutes les procédures réalisées avec et sans eskétamine per-opératoire chez l’adulte de juin 2023 à décembre 2024. Plusieurs procédures par patient pouvaient être incluses au cours de leur parcours de soin. Le critère de jugement principal était la consommation post-opératoire de morphine ; les critères secondaires étaient le score maximal de douleur , la durée de séjour en salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI), les épisodes d’agitation aiguë postopératoires et les nausées/vomissements post-opératoires (NVPO). Les procédures d’anesthésie ont été identifiées via notre entrepôt de données local, enregistré conformément à la législation française. Des modèles linéaires mixtes avec intercept aléatoire par patient ont été utilisés séparément pour la chirurgie et les pansements, avec un ajustement sur les covariables analgésiques significatives. Résultats : Au total, 1689 procédures chez 344 patients ont été analysées (1058 avec et 631 sans eskétamine), l’âge médian était de 44 ans, la surface brûlée médiane était de 3% [1 ; 6]. La dose médiane d’eskétamine était de 10 [7.5 ; 12.5] mg. La consommation post-opératoire de morphine en SSPI n’était pas différente lorsque les patients recevaient de l’eskétamine lors des procédures chirurgicales (p=0.08) ou des réfections de pansements (p=0.5). L’eskétamine n’était associée ni aux scores de douleur maximale en SSPI, ni à la durée de séjour en SSPI dans aucun des deux groupes. L’incidence des épisodes d’agitation post-opératoire aiguë en SSPI était faible et similaire avec ou sans eskétamine (4,8% vs 4.8%; p=0.54), tout comme l’incidence des NVPO (1,9% vs 3,7%; p=0.12). Conclusion : Dans cette vaste cohorte de patients brûlés en vie réelle, l’eskétamine peropératoire, utilisée pour la chirurgie ou les pansements, n’était pas associée à des différences de besoins post-opératoires en morphine, de durée de séjour en SSPI ou d’effets indésirables.
- Directeur(s) de thèse : Bourgeois, Alexandre
AUTEUR
- Lefebvre, Aurélie

