Les médecins salariés et le harcèlement moral : étude mixte dans le département du Nord
- Harcèlement moral
- médecins salariés
- Nord
- Harcèlement
- Médecins
- Questionnaires
- Violence psychologique
- Harcèlement
- Médecins
- Enquêtes et questionnaires
- Violence émotionnelle
- Langue : Français
- Discipline : Médecine générale
- Identifiant : 2025ULILM459
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 13/11/2025
Résumé en langue originale
Contexte : La définition juridique du harcèlement moral (HM) retient : (1) des agissements litigieux répétés, (2) un but ou une conséquence de dégradation des conditions de travail, des droits ou de la dignité, (3) une atteinte possible à la santé physique ou mentale, ou à l’avenir professionnel de la victime. Aucune donnée n'existe concernant le HM des médecins. Matériel et Méthodes : Etude mixte avec design séquentiel explicatif qualitatif puis quantitatif. Phase 1 : étude qualitative. Phase 2 : étude quantitative par questionnaire auto-administré. Les 200 participants de la 2ème phase sont tirés au sort dans la base de données du CDOM du Nord. Une relance téléphonique systématique est réalisée. Résultats : Nous avons obtenu 104 réponses analysables. Les 3 spécialités les plus représentées sont la médecine générale, la médecine du travail et la gériatrie. Dans le questionnaire, 19 situations de HM sont exposées. On observe une prévalence forte du HM vécue par les médecins : 45 participants (42,9%) ont subi une réduction des moyens humains octroyés, 26 participants (25,2 %) ont déjà été victime d’un changement non-concerté du local de travail, 24 participants (22,9 %) ont expérimenté des injonctions paradoxales, 17 participants (16,2%) recensent des reproches permanent sur l’atteinte des objectifs, 16 participants (15,2 %) ont subi un dénigrement public du travail accompli, 16 participants (15,2%) ont été victimes de suppression injustifiée ou masquée de responsabilités, 16 participants (15,2%) ont été victimes d’un non-respect de leur temps de travail. On remarque que les femmes sont plus exposées que les hommes en moyenne 3,4 situations de HM contre 2,7 chez les hommes (p=0,03), mais on n’observe pas de différence significative selon le statut, la position de responsabilité, l’âge ou encore l’ancienneté sur le poste. Pour chaque situation, il est demandé si la situation peut relever du HM. La capacité de reconnaissance des situations de HM est de 66% en moyenne (IC95 : [0,57 ; 0,75]) avec une reconnaissance chez 45 participants (82,1%) pour le dénigrement public de la personne, et chez 8 victimes (72,72%) (p =0,01) ; chez 47 participants (81,7%) pour le dénigrement public du travail accompli, et 9 participants (64,3%) ayant été victimes de ce dénigrement (p= 0,0007) ou encore chez 43 participants (76,6 %) pour les reproches permanents sur l’atteinte des objectifs et chez 10 médecins (62,5%) l’ayant subi (p= 0,38).On note une corrélation inverse entre la proportion de personnes qui déclarent avoir subi une situation, et la proportion de personnes qui identifient cette situation comme relevant du HM (r=-0.58, p=0.01). Les auteurs de HM sont principalement le personnel de direction, suivi des médecins. Les principaux soutiens sont les médecins, suivi des soignants. Très peu de poursuite (ordinale ou judiciaire) sont enclenchées (10% dans l’étude en projet ou réalisées). Conclusion : Nous observons une forte prévalence des situations de HM chez les médecins salariés, et une difficulté pour eux à identifier ces situations. Selon les participants, le personnel de direction et, au second rang, d’autres médecins et membres du personnel administratif sont fortement impliqués. Il semble nécessaire de donner au corps médical une meilleure culture du monde du travail salarié.
- Directeur(s) de thèse : Chazard, Emmanuel
AUTEUR
- Bayart, Clémence

