Titre original :

Exposition prénatale aux micro- et nanoplastiques : quels enjeux pour la santé périnatale ? : une revue critique des données scientifiques à destination des professionnels de santé

Mots-clés en français :
  • Microplastiques
  • nanoplastiques
  • origine développementale de la santé et de la maladie
  • santé périnatale
  • grossesse
  • allaitement
  • exposition
  • environnement
  • prévention et promotion de la santé

  • Microplastiques
  • Périnatalogie
  • Origines développementales de la santé et des maladies
  • Foetus
  • Microplastiques
  • Effets différés de l'exposition prénatale à des facteurs de risque
  • Périnatologie
  • Développement foetal
  • Revue systématique
  • Langue : Français
  • Discipline : Médecine. Gynécologie obstétrique et médicale
  • Identifiant : 2025ULILM445
  • Type de thèse : Doctorat de médecine
  • Date de soutenance : 31/10/2025

Résumé en langue originale

Les micro- et nanoplastiques (MNPs), particules issues de la dégradation ou de la synthèse directe de polymères, sont omniprésents dans l’environnement, notamment dans l’environnement domestique où l’Homme y est exposé quotidiennement par ingestion, inhalation ou contact cutané. Leur présence dans le placenta, le liquide amniotique et le lait maternel soulève des interrogations sur les effets sanitaires des expositions aux MNPs durant les 1 000 premiers jours, période clé du concept de l’origine développementale de la santé et de la maladie. L’objectif principal est de faire le bilan des données scientifiques disponibles chez l’Homme concernant les liens entre exposition précoces aux MNPs et la santé périnatale. Une revue systématique (PRISMA 2020) a été conduite sur les bases PubMed, Embase et ScienceDirect (2010–2025), incluant les études épidémiologiques humaines portant sur les femmes enceintes, allaitantes ou les dyades mère–enfant. La qualité du reporting (STROBE), le risque de biais (ROBINS-E) et le niveau de preuve ont été évalués qualitativement. Trente études ont été retenues : vingt-six études descriptives et quatre études cas-témoins. Les MNPs – polyéthylène, polypropylène, polychlorure de vinyle, polyéthylène téréphtalate, polyamide et polyuréthane – ont été détectés dans toutes les matrices périnatales humaines, sous forme de fragments de 10 à 400 ?m. Plusieurs études ont rapporté des associations avec la prématurité, le retard de croissance intra-utérin, l’hypertension induite de grossesse et les fausses couches répétées inexpliquées, ainsi qu’avec des altérations hépatiques, endocriniennes et télomériques foetales. Des perturbations du microbiote placentaire, méconial et lacté ont également été observées. Le niveau global de preuve demeure modéré, limité par l’hétérogénéité méthodologique et l’absence d’analyse de la fraction nanométrique qui présente le plus fort potentiel de toxicité. En conclusion, les MNPs sont identifiés dans l’ensemble des matrices périnatales humaines, témoignant d’une imprégnation foetale précoce et ubiquitaire. Ces résultats constituent des signaux préoccupants pour la santé périnatale, suggérant un rôle possible dans la survenue de complications obstétricales et foetales. Ils appellent à une standardisation internationale des méthodes, à des études longitudinales multicentriques incluant les nanoplastiques et les effets sanitaires à long terme et à une vigilance clinique raisonnée, fondée sur le principe de précaution: réduire le contact alimentaire avec le plastique et privilégier des matériaux alternatifs durables.

  • Directeur(s) de thèse : Nikasinovic, Lydia

AUTEUR

  • Bailleux, Timothé
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