Estimation de la faisabilité et de l’impact du relais oral ou entéral précoce de l’antibiothérapie chez les patients stabilisés de réanimation
- Soins intensifs
- relais oral, antibiotiques
- empreinte carbone
- durabilité
- Antibiothérapie
- Voie orale
- Voie rectale
- Unités de soins intensifs
- Réduction des coûts
- Nature -- Effets de l'homme
- Antibactériens
- Administration par voie orale
- Administration par voie rectale
- Soins de réanimation
- Maîtrise des coûts
- Empreinte carbone
- Langue : Français
- Discipline : Médecine. Anesthésie Réanimation
- Identifiant : 2025ULILM383
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 16/10/2025
Résumé en langue originale
Contexte : Les infections sont fréquentes en réanimation et s’accompagnent d’une consommation élevée d’antibiotiques. Alors que le relais oral précoce est recommandé en hospitalisation conventionnelle, avec des bénéfices cliniques, économiques et environnementaux bien documentés, son application en réanimation reste limitée en raison de réserves pharmacocinétiques et d’un manque de données spécifiques. Objectifs : L’objectif principal de cette étude était de déterminer la proportion de doses d’antibiotiques éligibles à un relais oral ou entéral chez les patients stabilisés de réanimation. Les objectifs secondaires incluaient l’évaluation de l’impact financier et carbone ainsi que du volume de perfusion épargné. Matériel et méthodes : Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective monocentrique en réanimation au CHU de Lille entre mars et septembre 2023, incluant les patients adultes traités par antibiothérapie intraveineuse disposant d’une alternative orale et entérale. L’éligibilité au relais était évaluée quotidiennement selon la stabilité hémodynamique, l’apyrexie, et la tolérance digestive. Les patients sous ECMO, épuration extrarénale continue, et atteints de méningite ou d’endocardite étaient exclus. La différence de coût entre les formes intraveineuse et orale a été calculée, et la différence d’empreinte carbone estimée selon deux méthodes. Ces deux évaluations ont été réalisées avec et sans prise en compte des consommables. Résultats : Parmi 533 patients éligibles, 194 patients ont été inclus et 196 séjours ont été analysés (âge médian 58 ans, 66% de sexe masculin, mortalité à 11 %). Un total de 4 346 doses-patient d’antibiotiques étaient éligibles à un relais oral ou entéral, représenté en majorité par l’amoxicilline-acide clavulanique (55 %). Le passage à la voie orale permettait une réduction de coût d’environ 90% (8 724 €) par rapport à la voie IV, atteignant 92% avec les consommables. L’empreinte carbone avec les consommables était de 5 162,8 kCO2e (M1) et 4 127,1 kCO2e (M2) pour la voie IV, 702,2 kCO2e pour la voie entérale (réduction de 83% pour M1 et 67% pour M2) et 421,9 pour la voie orale (réduction de 92% pour M1 et 87% pour M2). Ces économies représentaient l’équivalent de 2,68 allers-retours Paris-New York pour M1 et 1,56 pour M2, en considérant le relais intraveineux/oral. Le relais oral permettait également d’éviter environ 366 L de perfusion, soit une moyenne de 1,9 L par patient. Conclusion : Chez des patients stabilisés de réanimation, le relais oral ou entéral des antibiotiques IV apparaît comme une stratégie permettant des économies non négligeables et une réduction majeure de l’empreinte carbone. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer la sécurité clinique et promouvoir des pratiques de réanimations plus durables.
- Directeur(s) de thèse : Millot, Guillaume
AUTEUR
- Prouvost, Victoire

