Dépistage systématique des violences conjugales aux urgences : impact d’une sensibilisation des médecins
- Dépistage
- violences conjugale
- sensibilisation
- Violence conjugale
- Hôpitaux -- Services des urgences
- Diagnostic précoce
- Violence conjugale
- Service hospitalier d'urgences
- Diagnostic précoce
- Langue : Français
- Discipline : Médecine d'urgence
- Identifiant : 2025ULILM315
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 08/10/2025
Résumé en langue originale
Contexte et objectifs : Les violences conjugales (VC) représentent un enjeu de santé publique, avec des conséquences physiques, psychologiques et économiques importantes. Malgré les recommandations de dépistage systématique, celui-ci reste rare aux urgences. L’objectif principal était de mesurer l’effet d’une sensibilisation des urgentistes sur le taux de dépistage systématique des VC. Les objectifs secondaires étaient de comparer le taux de dépistage positif entre les deux périodes d’inclusion, d’analyser le profil des médecins ayant réalisé ces dépistages et les prises en charge proposées aux patientes dépistées positivement, enfin d’évaluer le ressenti des médecins sur ce sujet. Méthode : Étude observationnelle, rétrospective et monocentrique menée aux urgences de l’hôpital de Saint Vincent de Paul à Lille. Deux périodes ont été comparées : avant et après sensibilisation des soignants au dépistage des VC chez les femmes majeures consultants aux urgences. Le dépistage était considéré positif dès que la notion de VC était mentionnée dans le dossier médical. Les médecins ont répondu à un questionnaire sur leur ressenti. Résultats : Parmi 2532 patientes incluses (1292 avant vs 1240 après), le taux de dépistage réalisé par les médecins des urgences a significativement augmenté, passant de 0,9% à 5,7% (p < 0,001). Le dépistage était le plus souvent effectué par des femmes (> 80 %) et de façon comparable par les internes et les médecins titulaires. Les violences rapportées étaient majoritairement physiques, fréquemment associées à des violences psychologiques. La proportion de dépistages positifs diminuait cependant en seconde période. La prise en charge variait peu entre les deux phases, à l’exception d’une augmentation des certificats médicaux de coups et blessures et des propositions de rencontre avec l’équipe du Cocon. Enfin, le questionnaire adressé aux médecins montrait une bonne acceptabilité du dépistage systématique des VC, mais mettait en évidence plusieurs freins : manque de temps, d’intimité, de formation et réticences personnelles. Conclusion : Une sensibilisation améliore significativement le dépistage des VC aux urgences. Toutefois, le nombre absolu de dépistages réalisés reste faible (71/1240 patientes en 2nde période), ce qui souligne la nécessité de formations régulières et d’une meilleure intégration du dépistage dans les pratiques. Des études complémentaires semblent indispensables pour confirmer et approfondir ces résultats.
- Directeur(s) de thèse : Bouquillon, Juliette
AUTEUR
- Rodrigues Gregorio, Marie
