L’implication des hommes dans la charge contraceptive : évaluation de la charge contraceptive, de l’implication masculine et de la place du médecin généraliste, point de vue des hommes au sein du couple hétérosexuel, étude qualitative dans les Hauts-de-France
- Thèse qualitative
- médecine générale
- contraception
- contraception masculine
- charge contraceptive
- norme et genre
- Contraception masculine
- Hétérosexualité
- Charge cognitive
- Relations médecin-patient
- Contraception
- Hétérosexualité
- Relations médecin-patient
- Fertility control
- contraceptive method
- Langue : Français
- Discipline : Médecine générale
- Identifiant : 2025ULILM283
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 02/10/2025
Résumé en langue originale
Introduction : En France, la contraception, légalisée en 1967, a été rapidement médicalisée et féminisée. Initialement perçue comme un progrès d’émancipation, elle s’est figée dans une « norme contraceptive » confiant la responsabilité quasi exclusive aux femmes. La « crise de la pilule en 2012 » a mis en lumière la « charge contraceptive » et questionné la place des hommes, encore peu investis dans ce domaine. Objectif : Cette étude vise à explorer la perception et l’expérience masculine de la charge contraceptive du point de vue des hommes dans le couple hétérosexuel. La place et le rôle du médecin généraliste étaient recherchés afin d’améliorer le dialogue médecin-patient. Méthode : Il s’agit d’une étude qualitative inspirée de la théorie ancrée. Des hommes majeurs ont été recrutés en cabinet de médecine générale des Hauts-de-France. Des entretiens semidirigés ont été réalisés jusqu’à saturation des données. L’analyse a été triangulée à 70 % par trois enquêtrices. Résultats : Les hommes reconnaissaient l’existence d’un coût, d’un poids, de contraintes et de tâches définissant la « charge contraceptive ». Quatre dimensions étaient décrites : corporelle (physique et psychique), cognitive, logistique et financière. Cette charge, jugée majoritairement féminine et invisibilisée, révélait une implication masculine hétérogène. Quatre profils d’hommes ont émergé : le distant plutôt passif, le versatile d’implication variable selon la relation, le relationnel engagé dans la durée et l’individualiste en quête de contrôle de sa fertilité. Le manque d’alternatives masculines, les tabous sociaux et les représentations de genre ont été identifiées comme facteurs limitants. A l’inverse, certains leviers comme la motivation personnelle à contrôler la fertilité, la peur d’une grossesse non désirée, l’hormonophobie, la partenaire et la dynamique du couple (durée, difficultés, désaccords) pouvaient favoriser l’engagement. Les médecins généralistes étaient considérés comme des acteurs essentiels, bien que rarement consultés par les hommes pour ce sujet. Conclusion : L’étude aborde une inégalité de genre peu explorée en médecine. Elle souligne la nécessité de repenser l’organisation des soins, la formation des prescripteurs et l’implication des partenaires masculins en vue d’un partage plus équitable de la charge contraceptive.
- Directeur(s) de thèse : Ollivon-Herman, Judith
AUTEUR
- Sockalingum, Anaïs

