Caractéristiques associées à la détection d’auto-anticorps anti-interféron de type I chez les patients admis en réanimation pour COVID-19
- COVID-19
- AAC-anti-IFN-I
- Covid-19
- Autoanticorps
- Interférons
- COVID-19
- Autoanticorps
- Interféron de type I
- Langue : Français
- Discipline : Médecine. Anesthésie Réanimation
- Identifiant : 2025ULILM287
- Type de thèse : Doctorat de médecine
- Date de soutenance : 02/10/2025
Résumé en langue originale
Contexte : La COVID-19, maladie émergente à SARS-CoV-2 présente une hétérogénéité clinique large, responsable d’une infection sévère dans 10% des cas. Les auto-anticorps anti-interférons de type I ont été retrouvés chez 10% des patients atteints de COVID sévère dans des études multicentriques. Peu d’études se sont intéressées à l’évolution en réanimation de ces patients hospitalisés pour COVID sévère porteurs d’AAC. Cette étude avait pour but de caractériser ces patients et leur évolution en fonction de la présence d’AAC, ainsi que les caractéristiques associées à la présence d’une forte activité neutralisante d’AAC anti-IFN-I. Matériel et méthode : Étude de cohorte monocentrique rétrospective réalisée dans le Pôle de Médecine Intensive Réanimation du CHU de Lille, ayant analysé 345 patients inclus sur la période de mars 2020 à mars 2022. Les patients inclus étaient admis pour COVID-19 confirmé par PCR et ont bénéficié d’un dosage des AAC durant l’hospitalisation. Nous avons étudié les caractéristiques et l’évolution des patients selon la présence d’AAC « toute activité neutralisante » ou « forte activité neutralisante » en comparaison aux patients sans AAC. Résultats : nous avons séparé notre population en 3 groupes (négatif sans AAC, AAC toute activité neutralisante et AAC forte activité neutralisantes). Nous ne retrouvions pas de différence significative en comparant les patients négatifs aux patients porteurs d’AAC toute activité neutralisante. Une différence significative était mise en évidence chez les patients porteurs d’AAC forte activité neutralisante (10ng/mL) en comparaison aux patients négatifs sur l’âge (66 [63 ; 74] ans dans le groupe « positif » vs. 63 [53 ; 72] ans dans le groupe « négatif » p = 0,03), l’admission pour SDRA (16 patients (89%) dans le groupe « positif » vs. 130 patients (61%) dans le groupe « négatif » p = 0,03), la durée de ventilation invasive (15,5 [10 ; 31] jours dans le groupe « positif » vs. 8 jours [0 ;19,5] dans le groupe « négatif » p = 0,03), la survenue d’une infection nosocomiale au cours de l’hospitalisation (15 patients (83%) dans le groupe « positif » vs. 103 patients (48%) dans le groupe « négatif » p < 0,01) et la durée de séjour en réanimation (24,5 [13,5 ; 34] jours dans le groupe « positif » vs. 12 [7 ; 23] jours dans le groupe « négatif » p = 0,012). Par ailleurs, la réalisation d’analyse multivariée mettait en évidence un risque de survenue d’une infection nosocomiale, bactérienne ou fongique, indépendamment associé à la présence d’une forte activité neutralisante d’AAC anti IFN-I et à la durée de ventilation invasive. Conclusion : une forte activité neutralisante d’AAC-anti-IFN-I semble associée à un profil de patients plus âgés, plus fréquemment hospitalisés pour SDRA, présentant une durée de ventilation invasive et une durée de séjour plus longue et une survenue plus fréquente d’infections nosocomiales bactériennes et fongiques.
- Directeur(s) de thèse : Gaudet, Alexandre
AUTEUR
- Engels, Léa
