Identification et description du potentiel mésusage des agonistes du récepteur au GLP-1
- Analogues du GLP-1
- mésusage
- pharmacoépidémiologie
- SNDS
- diabète
- obésité
- Entéroglucagon
- Diabète non-insulinodépendant
- Obésité
- Recommandations sur le bon usage des médicaments
- Pharmacovigilance
- Suivi de cohortes de malades
- Agonistes du récepteur du peptide-1 similaire au glucagon
- Mésusage de médicament
- Diabète de type 2
- Appréciation des risques
- Utilisation hors indication
- Langue : Français
- Discipline : Pharmacie
- Identifiant : 2025ULILE181
- Type de thèse : Doctorat de pharmacie
- Date de soutenance : 27/10/2025
Résumé en langue originale
Introduction : Les agonistes des récepteurs au GLP-1 (aGLP-1) sont utilisés dans le traitement du diabète en France depuis 2008 et pour l’obésité depuis 2021. En parallèle d’une augmentation de leur utilisation, la survenue de tensions d’approvisionnement a amené à un arrêt des initiations des aGLP-1 en France. De plus, la médiatisation d’un mésusage dans la perte de poids chez des patients sains a suscité des inquiétudes auprès des autorités sanitaires françaises. L’ANSM a ainsi communiqué sur le mésusage ainsi que sur les effets indésirables des aGLP-1. Etant donné l’absence de données disponibles sur l’utilisation des aGLP-1chez des patients sans diabète ni obésité, l’objectif principal de cette étude était de décrire l’utilisation et les éventuelles situations de mésusage de ces médicaments. Méthodes : Pour répondre à l’objectif, une étude nationale d’utilisation a identifié les utilisateurs incidents d’aGLP-1 en France du 01/01/2017 au 30/06/2023 à l’aide de la base de données de remboursement de soin de l’Assurance Maladie (SNDS). L’étude a identifié trois groupes basés sur l’identification du diabète, de l’obésité ou de l’absence de ces deux pathologies. L’évolution des groupes et l’utilisation par spécialité ont été décrites mensuellement. Les caractéristiques des utilisateurs, des prescripteurs et de l’utilisation ont été décrits de 2022 à 2023 afin d’identifier le potentiel mésusage des aGLP-1 le plus récent possible. La répartition du mésusage en fonction des régions a aussi été analysée. Résultats : Cette étude met en évidence une augmentation croissante de l’utilisation des aGLP-1 (5 117 utilisateurs en janvier 2017 à 15 193 utilisateurs en juin 2023) avec une proportion croissante depuis 2022 de patients initiant un traitement par aGLP-1 sans diabète ni obésité identifiée (>5% en mai 2022). Comparés aux patients ayant une indication identifiée, ces utilisateurs étaient plus jeunes (48,9 ans en 2022-2023), majoritairement des femmes (68,7 % en 2022-2023), et présentaient moins de facteurs de risque liés au poids. OZEMPIC® était la spécialité la plus utilisée dans ce groupe. L’utilisation se caractérisait par une proportion élevée de délivrances uniques (46,9 % en 2022-2023) et un nombre de dose définie journalière (DDJ) délivrés conforme aux recommandations pour le diabète et l’obésité. Les régions les plus concernées par ce mésusage semblaient être les régions méditerranéenne et l’Ile de France. Conclusion : L’utilisation des aGLP-1 en France a considérablement augmenté chez les individus sans diabète ni obésité identifiée depuis 2022. Les risques potentiels associés à ce mésusage suscitent des inquiétudes quant à une éventuelle balance bénéfice-risque défavorable chez ces utilisateurs. Des études supplémentaires sont nécessaires pour décrire et quantifier les effets indésirables liés à l’utilisation hors-AMM des aGLP-1.
- Directeur(s) de thèse : Germay, Sibylle de
AUTEUR
- Du Soulier, Nathan

