La profession diplomatique à l'épreuve de la réforme de l'encadrement supérieur de l'Etat : le corps diplomatique est mort, vive le corps diplomatique ?
- Diplomatie ; Corps d’État ; Nouvelle gestion publique
- Langue : Français
- Identifiant : ULIL_MSPL_2025_045
- Faculté/Ecole : Sciences Po Lille
- Date de soutenance : 04/06/2025
- Type de mémoire : Mémoire de Master
- Discipline : SPL - Affaires Publiques (AP)
Résumé
Le second plus vieux métier du monde est l’un des instruments essentiels de la fabrique de la politique étrangère. En France, à partir du XVIème siècle, le métier de diplomate s’est professionnalisé jusqu’à devenir, sous la IIIème République, un corps diplomatique institutionnalisé et structuré à travers un recrutement par concours et des trajectoires professionnelles propres. Il s’est historiquement affirmé dans la conduite des affaires extérieures tout en demeurant constamment en concurrence avec d’autres sphères de pouvoir. La réforme de la haute fonction publique de 2019 a conduit à la suppression des deux hauts corps d’encadrement diplomatiques, mettant fin à un système séculaire reconnu internationalement pour son excellence. En prétendant moderniser et décloisonner l’administration et face aux critiques récurrentes de l’État profond et d’un entre-soi élitiste, elle précarise les carrières diplomatiques et exacerbe une concurrence généralisée, au risque d’y perdre un savoir-faire et un savoir-être essentiels. Mais la contestation sans précédent de cette réforme est le symptôme d’un malaise plus profond nourri par des décennies de marginalisation et d’érosion budgétaire. Pourtant, le diplomate est sommé de se réinventer pour s’adapter aux mutations contemporaines. Alors que de nombreux États renforcent aujourd’hui la spécialisation de leurs diplomates, la France semble aller à rebours des dynamiques internationales, au risque de dilapider un héritage unique et de désarmer le pays face aux enjeux d’un monde en recomposition.
AUTEUR
- Mannessiez William