La quête d’autonomie stratégique navale de la Turquie, dépendances occidentales et affirmation industrielle souveraine : comment la marine turque peut-elle concilier ses dépendances vis-à-vis des puissances occidentales avec l’ambition de développer une industrie navale souveraine et compétitive ?
- Turquie ; Marine ; Modernisation ; Autonomie ; Dépendance ; Patrie Bleue ; Industrie ; Défense
- Langue : Français
- Identifiant : ULIL_MSPL_2025_031
- Faculté/Ecole : Sciences Po Lille
- Date de soutenance : 12/06/2025
- Type de mémoire : Mémoire de Master
- Discipline : SPL - Paix, Action Humanitaire et Développement (PHD)
Résumé
Ce mémoire analyse comment la Turquie cherche à concilier ses dépendances occidentales historiques avec sa volonté croissante d’autonomie stratégique, en s’appuyant sur le cas emblématique de sa marine. Longtemps insérée dans les chaînes de coopération de l’OTAN, cette dernière a amorcé, sous l’impulsion de l’AKP et du concept de Patrie Bleue, une réorientation vers la souveraineté industrielle et la projection régionale. La marine devient ainsi le laboratoire d’une stratégie duale : développer localement des briques technologiques critiques tout en maintenant des coopérations ciblées pour garantir la compétitivité, l’interopérabilité et les ventes à l’étranger. Cette autonomie sous contrainte repose sur une diplomatie industrielle pragmatique, entre contournement des blocages et montée en gamme. Le TCG Anadolu, les corvettes Ada ou les frégates İstif témoignent d’une volonté d’affirmation souveraine sans renoncer à l’interdépendance choisie. Dans les faits, Ankara ne cherche pas la rupture, mais un rééquilibrage des termes de la dépendance. Cependant, cette stratégie n’est pas sans tensions. Elle reste exposée aux vulnérabilités technologiques persistantes, à la volatilité des alliances industrielle, et à l’incertitude des marchés extérieurs. Surtout, elle pose la question du point d’équilibre entre ambition nationale et réalités structurelles, dans un environnement stratégique où l’autonomie proclamée reste toujours partielle, et potentiellement réversible.
AUTEUR
- Gnanou, Arthur