Exotisme et syncrétisme : l'hybridation musicale dans la musique japonaise des années 1950 à nos jours
Exoticism and syncretism : musical hybridisation in Japanese music from the 1950s to the present day
- Musique
- Japon
- Exotisme
- Syncrétisme
- Hybridation
- Transculturalité
- Musique
- Exotisme
- Fusion culturelle
- Music
- Japan
- Exoticism
- Syncretism
- Hybridisation
- Transculturalism
- Langue : Français
- Discipline : Architecture (ses théories et ses pratiques), arts appliqués, arts plastiques, arts du spectacle, épistémologie des enseignements artistiques, esthétique, musicologie, musique, sciences de l'art
- Identifiant : 2026ULILH014
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 25/06/2026
Résumé en langue originale
Cette thèse analyse les processus d'hybridation à l'œuvre dans la musique japonaise depuis les années 1950, en articulant musique contemporaine écrite et musiques populaires. Elle interroge la manière dont les traditions musicales japonaises sont mobilisées en distinguant deux esthétiques fondamentales : une esthétique syncrétique, fondée sur l'intégration fonctionnelle et poïétique des emprunts, et une esthétique japonisante, reposant sur des procédés musicaux exotiques et de stylisation identitaire. L'hypothèse centrale est que les mêmes typologies d'emprunts - désignées comme « agents à double fonction » - peuvent, selon leur mode d'intégration et leur contexte de production, soit nourrir un langage syncrétique original, soit renforcer une réception exotique. À partir d'un triple corpus (musique contemporaine japonaise, musiques populaires japonaises et musiques traditionnelles), la recherche propose une typologie des emprunts et une analyse fine de leurs fonctions musicales, symboliques et perceptives. Cette recherche met en évidence le rôle structurant de notions issues des traditions japonaises - telles que le ma, l'indéterminisme, le jo-ha-kyū, ou encore certaines conceptions du temps - dans l'élaboration de langages contemporains dépassant la simple juxtaposition paramétrique. Elle montre que, chez certains compositeurs, l'hybridation ne relève ni d'un nationalisme musical ni d'un universalisme abstrait, mais d'une poïétique syncrétique fondée sur la notion de geste. En contrepoint, l'analyse des musiques populaires (enka, J-pop, musiques d'animation) révèle une utilisation largement convergente des mêmes emprunts, mais orientée vers une reconnaissance immédiate de l'altérité et une efficacité symbolique dans des contextes médiatiques et commerciaux. La comparaison met ainsi en lumière une tension structurelle entre dépassement de l'exotisme et exploitation de celui-ci. Ce travail contribue enfin à une réflexion plus large sur la transculturalité musicale, en montrant comment un particularisme peut émerger non pas malgré, mais à partir d'une dynamique transculturelle, dès lors que les emprunts cessent d'être des signes pour devenir des opérateurs de langage.
Résumé traduit
This thesis analyses the processes of hybridisation at work in Japanese music since the 1950s, drawing connections between written contemporary music and popular music. It examines how Japanese musical traditions are utilised by distinguishing between two fundamental aesthetics: a syncretic aesthetic, based on the functional and poietic integration of borrowings, and a Japonising aesthetic, based on exotic musical techniques and stylisation of identity. The central hypothesis is that the same types of borrowings - referred to as ‘agents with a dual function' - can, depending on their mode of integration and their context of production, either nourish an original syncretic language or reinforce an exotic reception. Drawing on a three-part corpus (contemporary Japanese music, Japanese popular music and traditional music), the research proposes a typology of borrowings and a detailed analysis of their musical, symbolic and perceptual functions. This research highlights the structuring role of concepts drawn from Japanese traditions - such as ma, indeterminism, jo-ha-kyū, or certain conceptions of time - in the development of contemporary languages that go beyond simple parametric juxtaposition. It shows that, for certain composers, hybridisation stems neither from musical nationalism nor from abstract universalism, but from a syncretic poetics based on the notion of gesture. In contrast, an analysis of popular music (enka, J-pop, animation music) reveals a largely convergent use of the same borrowings, yet oriented towards an immediate recognition of otherness and symbolic effectiveness within media and commercial contexts. This comparison thus highlights a structural tension between transcending exoticism and exploiting it. Finally, this work contributes to a broader reflection on musical transculturality, by showing how a particularism can emerge not in spite of, but from a transcultural dynamic, once borrowings cease to be signs and become operators of language.
- Directeur(s) de thèse : Hauer, Christian - Courtot, Francis
- Président de jury : Oviedo, Alvaro
- Membre(s) de jury : Berlinguez-Kôno, Noriko
- Rapporteur(s) : Ferrari, Giordano - Giacco, Grazia
- Laboratoire : Centre d'étude des arts contemporains (Villeneuve-d'Ascq, Nord ; 1996-....)
- École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
AUTEUR
- Deduytschaever, Luc



