Titre original :

Conceptualisation and cognitive processing in second and third language learning : Parallel corpus and experimental investigations of Tough constructions and motion event encoding in English, French, and Russian

Titre traduit :

Conceptualisation et traitement cognitif dans l’apprentissage d’une deuxième et d’une troisième langue : études sur corpus et expérimentales des constructions Tough et de l’encodage du déplacement en anglais, en français et en russe

Mots-clés en français :
  • Psycholinguistique
  • Événements de déplacement
  • Constructions Tough
  • Apprentissage et traitement des langues
  • Linguistique de corpus et expérimentale
  • Mouvements oculaires

  • Psycholinguistique
  • Langues -- Étude et enseignement
  • Multilinguisme
  • Français (langue)
  • Anglais (langue)
  • Russe (langue)
  • Oculométrie
Mots-clés en anglais :
  • Psycholinguistics
  • Motion events
  • Tough constructions
  • Language learning and processing
  • Corpus and experimental Linguistics
  • Eye movements

  • Langue : Anglais
  • Discipline : Sciences du langage
  • Identifiant : 2026ULILH003
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 20/03/2026

Résumé en langue originale

Cette thèse examine la relation entre langage et traitement cognitifs dans une perspective interlinguistique et multilingue. Elle étudie comment des locuteurs natifs de langues typologiquement distinctes — l'anglais (EN), le français (FR) et le russe (RU) — ainsi que des locuteurs de seconde (L2) et de troisième langue (L3) conceptualisent et traitent les événements. L'étude porte sur deux domaines caractérisés par une forte variabilité interlinguistique et des difficultés d'acquisition : l'encodage des événements de déplacement et les constructions évaluatives dites tough. Dans le domaine spatial, les langues à cadrage satellitaire (EN, RU) expriment la Manière dans le verbe et la Trajectoire dans un satellite, tandis que les langues à cadrage verbal (FR) encodent la Trajectoire dans le verbe, la Manière étant périphérique ou absente (She ran out). Dans le domaine évaluatif, l'anglais et le français utilisent des constructions tough impliquant une réanalyse du sujet matriciel comme objet de la proposition infinitive enchâssée (Elle est sortie en courant), tandis que le russe ne possède pas de telles constructions et recourt à des analogues fonctionnels. Ces asymétries posent des défis spécifiques aux locuteurs L2/L3, qui doivent reconceptualiser et adapter des schémas linguistiques déjà acquis. À partir de méthodes de corpus et expérimentales, la thèse analyse la manière dont des locuteurs monolingues, bilingues (FR-EN, RU-EN) et trilingues (RU-EN-FR) traitent, évaluent, interprètent et encodent les événements dans ces domaines. Les tâches comprennent des appariements phrase-image (SPM), des jugements d'acceptabilité (AJ), des jugements de similarité (SJ) et des productions verbales (VP), combinés à des mesures de temps de réaction et d'oculométrie. Dans le protocole sur le déplacement, les résultats montrent des effets typologiques robustes en production : les locuteurs francophones privilégient des encodages de la Trajectoire dans le verbe, tandis que les anglophones et russophones favorisent des constructions compactes combinant Manière verbale et Trajectoire satellitaire. Les bilingues FR-EN présentent des performances proches des natifs en français, mais une encodage de la Manière moins stable en anglais, tandis que les trilingues montrent une forte capacité de reconceptualisation et un alignement avec la langue cible. Les données oculométriques confirment ces différences : les participants testés en français présentent des fixations plus longues et davantage de revisites des points d'arrivée (EndPoints). Dans la tâche de similarité, les russophones se révèlent particulièrement sensibles à la Manière, tandis que les bilingues montrent une sensibilité réduite et les trilingues une préférence constante pour des choix congruents avec la Manière. Dans le protocole sur les constructions tough, les interprétations objet dominent dans tous les groupes. Les données oculométriques révèlent toutefois des stratégies en ligne différenciées : les monolingues anglophones et les bilingues FR-EN fixent plus longuement l'infinitif, suggérant une résolution efficace du gap objet, tandis que les bilingues RU-EN et les trilingues répartissent davantage leurs fixations entre le nom et l'infinitif, reflétant des coûts de réanalyse accrus. Malgré ces différences de traitement, les constructions tough reçoivent globalement les meilleures évaluations et les temps de réaction les plus courts, avec toutefois des variations liées au profil linguistique. Ces résultats montrent que la typologie, les exigences des tâches et l'expérience multilingue interagissent pour façonner la conceptualisation et le traitement des événements. Si les différences structurelles augmentent le coût cognitif, les alignements typologiques et le multilinguisme favorisent des stratégies flexibles en L2 et L3, soutenant une approche multifactorielle de l'interface langage-pensée.

Résumé traduit

This thesis examines the relationship between language and cognitive processing from a cross-linguistic and multilingual perspective. It investigates how native speakers of typologically distinct languages—English (EN), French (FR) and Russian (RU)—as well as second (L2) and third language (L3) users conceptualise and process events. The focus is on two domains marked by cross-linguistic variability and acquisition difficulty: spatial motion event encodings and evaluative tough constructions. In the spatial domain, satellite-framed languages (e.g., EN, RU) express Manner in the verb and Path in satellites, while verb-framed languages (e.g., FR) encode Path in the verb with Manner peripheral or omitted. In the evaluative domain, EN and FR use so-called tough constructions (TCs) involving reanalysis of the matrix subject as the object of an embedded infinitival clause. RU lacks TCs and uses functional analogues. Such asymmetries challenge L2/L3 users, who must reconceptualise and adapt previously acquired linguistic routines. Using corpus and experimental methods, the thesis examines how monolinguals; bilinguals (FR-EN, RU-EN); and trilinguals (RU-EN-FR) process, evaluate, interpret, and encode events in these domains. Tasks include: Sentence-Picture matching (SPM), Acceptability judgments (AJ), Similarity judgments (SJ), and Verbal production (VP), alongside reaction times (RT) and eye-tracking (ET). In the motion protocol, results showed robust typological effects in VP: FR speakers preferred Path-in-verb encodings, while EN and RU favoured compact Manner-in-verb + Path-in-satellite constructions. FR-EN bilinguals showed native-like performance in FR but less stable Manner encoding in EN, and trilinguals strong reconceptualisation and target-language alignments, indicating both typological sensitivity and cross-linguistic flexibility. ET data during VP confirmed these differences: FR viewers had longer fixations and more revisits to Endpoints, a pattern mirrored in bilinguals and trilinguals tested in FR. In the SJ, RU speakers were most sensitive to Manner, while FR and EN participants showed more variability. Bilinguals exhibited reduced Manner sensitivity relative to monolinguals in their respective languages, and trilinguals consistently favoured Manner-congruent choices, suggesting partial but not complete convergence. In the TC protocol, object SPM interpretations dominated across groups. ET revealed group-specific online strategies: EN monolinguals and FR-EN bilinguals fixated longer on the infinitive region, suggesting efficient object gap resolution. RU-EN bilinguals and RU-EN-FR trilinguals distributed their fixations between the infinitive and the noun, with longer reading paths, reflecting increased reassignment costs. FR monolinguals showed similar fixation patterns but less complex rereadings, pointing to structural variability in TCs. In the AJ, longer fixations on the infinitive were observed across groups. FR-EN and RU-EN bilinguals showed longer fixations on the noun, while monolinguals and FR-EN bilinguals revisited it more, suggesting different strategies for resolving ambiguity. Re-reading patterns were more complex in L2/L3 speakers, indicating greater processing effort for structurally complex constructions. Despite these online differences, TCs received the highest ratings and fastest reaction times overall. Still, measures varied by linguistic background: FR-EN bilinguals showed greater TC preference and faster processing, while RU speakers displayed broader acceptability and higher cognitive load, reflecting their L1 structural distance.The findings show that typology, task demands, and multilingual experience interactively shape event conceptualisation and processing, with structural differences increasing cognitive cost, but typological alignments and multilingual experience enabling flexible L2/L3 strategies, supporting a multifactorial view of the language-thought interface.

  • Directeur(s) de thèse : Soroli, Efstathia - Depraetere, Ilse
  • Président de jury : Granget, Cyrille
  • Membre(s) de jury : Cappelle, Bert - Mostrov, Vassil
  • Rapporteur(s) : Hohenstein, Jill - Ibarretxe-Antuñano, Iraide
  • Laboratoire : Savoirs, textes, langage (Villeneuve d'Ascq, Nord ; 2006-....)
  • École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société

AUTEUR

  • Tsikulina, Alina
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