Titre original :

Fabriquer le « succès » dans l’aide au développement : formaliser le foncier rural en Côte d’Ivoire

Titre traduit :

Manufacturing Success in Development Aid : Formalising Rural Land in Côte d’Ivoire

Mots-clés en français :
  • Politiques foncières rurales
  • Formalisation des droits coutumiers
  • Action publique
  • Aide au développement
  • Peacebuilding
  • Statebuilding
  • Côte d'Ivoire

  • Propriété foncière -- Droit
  • Réforme agraire
  • Développement rural
  • Conflits ethniques
  • Maintien de la paix
  • Construction nationale
Mots-clés en anglais :
  • Rural land policies
  • Formalisation of customary tenure
  • Public action
  • Development aid
  • Peacebuilding
  • Statebuilding
  • Côte d'Ivoire

  • Langue : Français
  • Discipline : Science politique
  • Identifiant : 2026ULILD006
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 06/05/2026

Résumé en langue originale

Cette thèse étudie les logiques de production et de reproduction des politiques de développement à partir du cas de la formalisation du foncier rural en Côte d’Ivoire. Initialement conçues comme un outil de taxation et de construction de l’État moderne, la formalisation est devenue un instrument récurrent de l’ingénierie du développement, où elle a connu une diversification progressive de ses finalités selon les inflexions de l’agenda de l’aide internationale : productivité agricole, réduction de la pauvreté, égalité de genre, ou prévention des violences post-conflit. Une vaste littérature a pourtant démontré l’échec systématique des tentatives de formalisation exhaustive menées en Afrique depuis l’époque coloniale. La persistance de ce paradigme constitue une énigme en soi : comment des politiques qui n’atteignent pas leurs objectifs perdurent-elles dans une industrie de l’aide réputée réflexive et en quête de rationalisation ? En 2025, la Banque mondiale a lancé en Côte d’Ivoire un programme historique de 200 millions de dollars, justifié par le succès des efforts de formalisation dans le pays. La Côte d’Ivoire serait-elle donc l’exception où réussirait enfin ces politiques ? Cette interrogation en appelle une autre : selon quels critères, et à partir de quelle définition, établit-on la « réussite » d’un programme de développement ? Cette thèse démontre que la politique de formalisation persiste en Côte d’Ivoire, non parce qu’elle sécurise effectivement les terres rurales, mais parce qu’elle assure sa propre reproduction via les mécanismes institutionnels, financiers et discursifs de l’industrie du développement. Elle permet ainsi aux acteurs de l’aide d’investir d’autres secteurs d’action publique moins dotés en ressources, dès lors qu’ils parviennent à y intégrer une dimension foncière, via des récits de fonciérisation.

Résumé traduit

This thesis examines the logics of production and reproduction of development policies through the case of rural land formalisation in Côte d’Ivoire. Initially conceived as a tool for taxation and the construction of the modern State, formalisation has become a recurring instrument of development engineering, where it has undergone a progressive diversification of its purposes according to shifts in the international aid agenda: agricultural productivity, poverty reduction, gender equality, or prevention of post-conflict violence. A vast body of literature has nevertheless demonstrated the systematic failure of attempts at exhaustive formalisation conducted in Africa since the colonial era. The persistence of this paradigm constitutes an enigma in itself: how do policies that do not achieve their objectives endure within an aid industry reputed to be reflexive and seeking rationalisation? In 2025, the World Bank launched a historic programme of 200 million dollars in Côte d’Ivoire, justified by the success of formalisation efforts in the country. Would Côte d’Ivoire therefore be the exception where these policies finally succeed? This question calls for another: according to what criteria, and based on what definition, does one establish the “success” of a development programme? This thesis demonstrates that the formalisation policy persists in Côte d’Ivoire, not because it effectively secures rural lands, but because it ensures its own reproduction through the institutional, financial and discursive mechanisms of the development industry. It thus enables aid actors to invest in other public policy sectors with fewer resources, provided they manage to integrate a land dimension through narratives of landification.

  • Directeur(s) de thèse : Grajales, Jacobo
  • Membre(s) de jury : Lavigne Delville, Philippe - Magrin, Géraud - Saiget, Marie
  • Rapporteur(s) : Boone, Catherine - Nay, Olivier
  • Laboratoire : Centre d'études et de recherches administratives politiques et sociales (Lille)
  • École doctorale : École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion

AUTEUR

  • Pegurri, Toni-Giovanni
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