Caractérisation clinique, neurocognitive et translationnelle de l'anxiété après un accident vasculaire cérébral
Clinical, neurocognitive and translational characterisation of anxiety following a stroke
- Accident vasculaire cérébral (AVC)
- Anxiété
- Cognition
- Troubles neurocognitifs
- Modèle MCAO (middle cerebral artery occlusion)
- Maladies cérébrovasculaires
- Anxiété
- Cognition
- Troubles de la cognition
- Psychopathologie
- Modèles animaux
- Lésions d'ischémie-reperfusion
- Accident vasculaire cérébral
- Anxiété
- Troubles anxieux
- Cognition
- Troubles de la cognition
- Troubles neurocognitifs
- Modèles animaux
- Lésion d'ischémie-reperfusion
- Stroke
- Anxiety
- Cognition
- Neurocognitive disorders
- MCAO model (middle cerebral artery occlusion)
- Langue : Français
- Discipline : Neurosciences
- Identifiant : 2025ULILS062
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 10/12/2025
Résumé en langue originale
Les AVC constituent un enjeu majeur de santé publique. Ils représentent la première cause de handicap acquis chez l'adulte et entraînent des atteintes sensori-motrices, cognitives et psychiatriques. Malgré un intérêt croissant pour leurs répercussions psychologiques, l'anxiété post-AVC (PSA) reste mal comprise. Les troubles anxieux sont caractérisés par des symptômes tels que peurs, appréhensions et ruminations excessives. La PSA affecte le rétablissement fonctionnel et la qualité de vie, mais ses déterminants et mécanismes restent mal identifiés. Des données encore limitées suggèrent l'existence d'un lien entre PSA et cognition, ouvrant de nouvelles pistes d'exploration. L'objectif de cette thèse est de proposer une caractérisation de la PSA afin d'améliorer sa détection, sa compréhension et, à terme, sa prise en charge. Pour ce faire, cinq études complémentaires ont été conduites dans une démarche intégrative. La première étude, préliminaire, explore les liens entre anxiété, cognition et risque cardiovasculaire chez de jeunes adultes de la population générale. Les résultats indiquent que l'anxiété est associée au risque cardiovasculaire mais pas encore aux performances cognitives.La deuxième étude, menée dans le cadre du consortium STROKOG, examine la prévalence et les corrélats de la PSA en phase subaiguë dans trois cohortes de patient·e·s. La prévalence de la PSA variait entre 27 % et 45 %. La PSA était associée à la dépression et aux troubles cognitifs globaux. Ces résultats ont une portée clinique et permettent de mieux identifier les profils de patient·e·s à risque. La troisième étude, issue du projet STROKDEM, propose une analyse plus détaillée des corrélats cognitifs de la PSA dans une cohorte de 191 patient·e·s suivis durant cinq ans. Près de la moitié des patient·e·s présente au moins un niveau d'anxiété significatif au cours du suivi, et plus d'un·e patient·e sur dix souffre d'une anxiété persistante. La PSA est associée à des performances attentionnelles réduites, et la PSA persistante est associée à un défaut d'amélioration des performances exécutives. Ces résultats contribuent à la compréhension des mécanismes neurocognitifs de la PSA. Une revue systématique sur les substrats cérébraux de la PSA a ensuite été réalisée pour approfondir et illustrer les mécanismes à l'œuvre. Elle met en évidence les limites d'une approche strictement structurale, tout en soulignant l'importance de régions impliquées dans les circuits de la peur et de l'anxiété, comme le circuit fronto-limbique. Des études en neuroimagerie fonctionnelle suggèrent également des altérations de connectivité au sein du réseau du mode par défaut, renforçant l'hypothèse d'un dysfonctionnement des circuits de régulation de l'anxiété. Enfin, dans une perspective translationnelle, un modèle expérimental de la PSA a été exploré chez la ratte. Après une procédure d'ischémie-reperfusion (IR) par occlusion de l'artère cérébrale moyenne, les animaux ont été soumis à des tests comportementaux à 15 jours, 3 mois, 6 mois et 9 mois post-chirurgie. Les rattes IR présentaient au début du suivi une activité locomotrice accrue et une exploration plus importante en comparaison aux rattes témoins, suggérant un profil hyperactif et désinhibé. Cette étude illustre le potentiel et les limites des modèles animaux pour étudier la PSA chez les femelles. Ces travaux montrent que la PSA est influencée par des facteurs psychologiques, cognitifs et neurobiologiques complexes, et qu'elle requiert une approche intégrée en pratique clinique. Les avancées en imagerie cérébrale et en modélisation translationnelle ouvriront quant à elles la voie au développement d'interventions ciblant les mécanismes neurocognitifs clés de la PSA.
Résumé traduit
Stroke is a major public health issue. It is the leading cause of acquired disability in adults and leads to sensory-motor, cognitive, and psychiatric disturbances. Despite growing interest in its psychological impact, post-stroke anxiety (PSA) remains understudied and misunderstood. Anxiety disorders are characterized by shared symptoms, such as excessive fear, worry, and rumination. PSA affects functional recovery and quality of life; however, its determinants and underlying mechanisms remain unclear. Limited but intriguing evidence suggests a possible link between PSA and cognition, opening new perspectives for further investigation. This thesis aims to provide a deeper characterization of PSA to improve its detection, understanding, and management. To this end, we conducted five complementary studies using an integrative approach. The first preliminary study explored the relationships between anxiety, cognition, and cardiovascular risk in a general adult population. The results indicated that anxiety is associated with cardiovascular risk but not with cognitive performance. The second study, conducted within the STROKOG consortium, examined the prevalence and correlates of PSA in the subacute phase by combining three different patient cohorts. The prevalence of PSA ranges from 27% to 45%, with PSA being more frequent in females. A meta-analysis showed that PSA was associated with depression and global cognitive impairment. These findings have clinical relevance and could help identify at-risk patient profiles. The third study, part of the STROKDEM project, provided a more detailed analysis of the cognitive correlates of PSA in a cohort of 191 patients followed for five years. Nearly half of the patients exhibited clinically significant anxiety at least once during follow-up. In total, more than one in ten patients experienced persistent anxiety. PSA was associated with reduced attentional performance over time, and persistent anxiety was marked by a lack of improvement in the executive functions. These results contribute to our understanding of the neurocognitive mechanisms underlying PSA. A systematic review of the cerebral substrates of PSA was conducted to further investigate these mechanisms. This highlights the limitations of a strict structural approach (lesion laterality and size), while emphasizing the importance of regions involved in fear and anxiety circuits, such as the frontolimbic system. Functional neuroimaging studies have also suggested connectivity alterations, particularly within the default mode network, supporting the hypothesis of dysregulated anxiety control circuits. Finally, from a translational perspective, an experimental model of persistent PSA was explored in female rat models. Following an ischemia-reperfusion procedure, animals were assessed using behavioral tests at 15 days, 3 months, 6 months, and 9 months post-procedure. Rats initially displayed increased locomotor activity and exploration, suggesting a hyperactive and disinhibited profile that may be linked to impaired frontal control. This study illustrates both the potential and limitations of animal models in reproducing the mechanisms of PSA in females.Overall, these findings demonstrate that PSA is a multifactorial condition influenced by complex psychological, cognitive, and neurobiological factors. They emphasize the need for integrated screening and management strategies, including cognitive assessment and longitudinal patient follow-up. Moreover, the translational approach offers opportunities to develop interventions targeting the neural circuits and cognitive operations central to PSA.
- Directeur(s) de thèse : Bordet, Régis - Dondaine, Thibaut
- Président de jury : Pourtois, Gilles
- Membre(s) de jury : Viltart, Odile
- Rapporteur(s) : Baeyens, Céline - Micallef-Roll, Joëlle
- Laboratoire : Lille Neuroscience et Cognition (Lille)
- École doctorale : École doctorale Biologie-Santé
AUTEUR
- Ruthmann, Florine