Impact des séjours à l'étranger sur le développement de compétences langagières chez de futurs ingénieurs
The impact of immersion on the development of the language skills of future engineers
- Apprentissage informel / formek
- Pratiques d'apprentissages
- Stratégies d'apprentissage des langues
- Mobilité académique
- Stages en entreprises
- Caf
- Études à l'étranger
- Stages
- Langues vivantes
- Étudiants en ingénierie
- Ingénieurs -- Formation
- Formal / informal learning
- Language learning practisess
- Language Learning Strategies
- Study Abroad
- Internships
- Caf
- Langue : Français
- Discipline : Sciences du langage
- Identifiant : 2025ULILH078
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 16/12/2025
Résumé en langue originale
Dans un contexte d'internationalisation croissante de l'enseignement supérieur et de mondialisation des marchés du travail, la maîtrise de l'anglais constitue désormais une compétence incontournable pour les futurs ingénieurs français. Cette thèse analyse l'impact comparé de différents contextes d'apprentissage— séjours académiques à l'étranger, stages en entreprise (en France ou à l'étranger) et parcours réalisés en France — sur le développement des compétences langagières en anglais L2 chez soixante étudiants-ingénieurs de l'IMT Nord Europe. Ancrée dans un cadre théorique mobilisant la psychologie cognitive, le constructivisme, le socioconstructivisme et la théorie des systèmes dynamiques complexes, cette recherche adopte une méthodologie quantitative fondée sur un dispositif pré-test/post-test. Elle combine le Versant English Placement Test, des mesures de complexité, de précision et de fluence (CAF), les questionnaires SILL et LCP, ainsi que des entretiens oraux semi-directifs. Les résultats montrent que l'évolution des compétences linguistiques varie fortement selon le contexte d'apprentissage et la nature des engagements langagiers?: les séjours académiques à l'étranger favorisent un investissement intensif et équilibré dans les pratiques formelles et informelles, se traduisant par des gains plus notables en précision et en fluence orales, ainsi qu'en complexité grammaticale. À l'inverse, les stages — en France ou à l'étranger — et les parcours locaux présentent des profils d'engagement plus hétérogènes et des progrès plus limités, notamment en production écrite et en complexité lexicale. L'analyse des stratégies d'apprentissage met en évidence la prédominance des démarches sociales, cognitives et de compensation, dont l'efficacité repose moins sur leur fréquence d'utilisation que sur leur mobilisation sélective et contextualisée. Les analyses de régression révèlent que la quantité d'exposition formelle n'est pas un prédicteur significatif?: ce sont la qualité, la diversité et l'authenticité des pratiques informelles, l'engagement dans des réseaux sociaux variés et la mobilisation ciblée de certaines stratégies qui expliquent le mieux les gains observés, en particulier dans les compétences orales. La précision et la fluence profitent davantage des contextes d'immersion, tandis que la complexité linguistique demeure plus résistante à l'évolution sur un semestre et présente de fortes variations inter- et intra-individuelles. Cette variabilité, conforme à la théorie des systèmes dynamiques complexes, confirme que la progression linguistique n'est ni linéaire ni uniforme, mais résulte d'interactions dynamiques entre facteurs individuels, contextuels et institutionnels. Loin de confirmer le postulat d'un effet positif automatique de la mobilité, ce travail démontre que la réussite linguistique dépend d'une articulation fine entre apprentissage formel, apprentissage informel, engagement stratégique et exposition à des interactions en dehors de la salle de cours. Les limites de l'étude — taille restreinte de l'échantillon, spécificité de la population, autodéclaration partielle des pratiques et observation limitée à un semestre — sont discutées, tout en ouvrant la voie à des recherches longitudinales et mixtes. L'étude invite à repenser les dispositifs pédagogiques en valorisant la complémentarité entre l'apprentissage formel et informel, l'accompagnement individualisé et la diversification des opportunités d'interaction, soulignant la nécessité d'une approche hybride et personnalisée du développement linguistique en formation d'ingénieurs.
Résumé traduit
In an environment of growing internationalization in higher education and the globalization of labor markets, proficiency in English has become a vital skill for future French engineers. This thesis analyzes the comparative impact of different learning contexts—academic Study Abroad programs, internships (in France or abroad), and at-home courses in France—on the development of L2 English language skills among sixty engineering students at IMT Nord Europe. Grounded in a theoretical framework encompassing cognitive psychology, constructivism, socioconstructivism, and Complex Dynamic Systems Theory, the research adopts a quantitative methodology based on a pre-test/post-test design. It combines the Versant English Placement Test, measures of complexity, accuracy, and fluency (CAF), the SILL and LCP questionnaires, and semi-structured oral interviews. The results show that the evolution of language skills varies significantly according to the learning context and the nature of language engagement: academic Study Abroad experiences foster intensive and balanced investment in both formal and informal practices, leading to greater gains in oral accuracy and fluency, as well as in grammatical complexity. Conversely, internships, whether in France or abroad, and local courses present more heterogeneous engagement profiles and limited progress, particularly in written production and lexical complexity. The analysis of learning strategies highlights a predominance of social, cognitive, and compensation approaches, whose effectiveness relies less on their frequency of use than on their selective and contextualized mobilization. Regression analyses reveal that the amount of formal exposure is not a significant predictor; rather, quality, diversity, and authenticity of informal practices, engagement in varied social networks, and targeted use of specific strategies best explain the observed gains, especially in oral skills. Accuracy and fluency benefit most from immersion contexts, while linguistic complexity remains more resistant to change over a semester and shows considerable inter- and intra-individual variations. This variability, in line with Complex Dynamic Systems Theory, confirms that linguistic progress is neither linear nor uniform, but results from dynamic interactions among individual, contextual, and institutional factors. Rather than supporting the notion that mobility inherently produces positive outcomes, this research demonstrates that linguistic achievement depends on a nuanced articulation of formal learning, informal learning, strategic engagement, and exposure to authentic interactions. The study's limitations—including a small sample size, population specificity, partial self-reporting of practices, and observation limited to one semester—are discussed, paving the way for future longitudinal and mixed-methods research. The study advocates for a reevaluation of pedagogical frameworks by highlighting the complementarity between formal and informal learning, individualized support, and the diversification of interaction opportunities, underscoring the need for a hybrid and personalized approach to language development in engineering education.
- Directeur(s) de thèse : Babault, Sophie
- Président de jury : Rivens Mompean, Annick
- Membre(s) de jury : Sablé-Delvert, Catherine
- Rapporteur(s) : Sockett, Geoffrey - Howard, Martin
- Laboratoire : Savoirs, textes, langage (Villeneuve d'Ascq, Nord ; 2006-....)
- École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
AUTEUR
- Donohoe, Eva



