Guerre et paysage. La guerre comme clef essentielle de lecture des paysages
War and landscapes War as an essential key to read the landscapes
- Guerre
- Paysage
- Cartographie
- Routes
- Financement
- Dessin
- Canaux
- Chemin de fer
- Paysage
- War
- Landscape
- Cartography
- Roads
- Fundings
- Drawing
- Canals
- Railway
- Langue : Français
- Discipline : Architecture
- Identifiant : 2025ULILH075
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 17/12/2025
Résumé en langue originale
Le paysage et la guerre entretiennent des rapports anciens.?Tous les combattants savent les relations liant la géographie à la stratégie.?Chacun d'eux sait le parti ou l'obstacle que forment un point haut, une rivière, une forêt, un marécage...?Le rôle du paysage est si profond dans la guerre, que la mémoire collective associe souvent une forme de territoire à un fait d'armes : chacun se souvient de la (morne) plaine de Waterloo, du bocage des guerres vendéennes, des montées au maquis, des plages du débarquement, ou de la cuvette de Diên Biên-Phu . Associer les mots guerre et paysage peut surprendre. L'un concentre tout ce qui nous est détestable : la violence, l'horreur, l'atrocité, la désolation, la mort. L'autre au contraire, n'est chargé que de valeurs positives : il évoque la sérénité des vues d'ensemble, l'ancrage profond des territoires dans leur géographie et leur histoire, la complexité fascinante du monde du vivant.? Associer ces deux mots semble sonner comme un oxymore.?Un regard plus patient montre cependant que la plupart de nos paysages ont été plus ou moins touchés et façonnés par la guerre,soit directement - par les fortifications défensives ou les cicatrices des destructions- soit indirectement, par les conséquences inattendues, les dommages collatéraux ou les reconstructions.Vue sous cette angle, la guerre devient alors une clef essentielle de lecture des paysages.?Elle invite à saisir le “temps long” contenu dans les territoires, à prendre en compte leurs modes de fabrication et surtout elle conduit à lire les paysages par enchainements de causes à effets. Pour structurer cette approche, ce mémoire s'organise à travers les quatre principaux temps chronologiques de la guerre : Eviter évoque les solutions d'esquive ou de parades imaginées pour échapper à la guerre : l'exil, les compétitions sportives, les fortifications dissuasives ou la recherche de frontières,PRÉPARER explore l'impact des préparatifs de guerre sur le paysage : l'argent à trouver, les armes à se procurer, les voies d'accès à aménager, le territoire à cartographier, les sites-clefs à sécuriser, AFFRONTER choisit d'analyser les paysages de guerre à travers le prisme des quatre grands éléments :?La terre, tout à la fois protectrice, enjeu et obstacle ; L'eau, alliée défensive ou danger menaçant ;?L'air, posant l'éternelle question du climat lors des batailles, mais aussi la crainte grandissante des guerres invisibles, chimiques, radioactives ou biologiques ;?Enfin le feu, si présent dans la guerre qu'il en est devenu l'un des synonymes.?Relever traite des lendemains de guerre : le chagrin et le deuil qui ont conduit à “inventer” les cimetières militaires et les monuments-aux-morts ; le besoin de mémoire qui pousse à raconter ou représenter la guerre. La question des ruines, qu'il faut soit garder comme preuve, soit faire disparaître pour essayer de réapprendre à vivre.?L'enjeu des reconstructions bien sûr, qui mérite d'être analysé sur un plan urbain architectural et paysager ; enfin la dimension environnementale des conflits à travers d'une part la polémoflore, et de l'autre l'impact des armes et des munitions, qui, utilisées ou non, provoquent des conséquences écologiques bien longtemps après la fin des conflits. ?Pour finir ce mémoire s'interroge sur la place du paysage dans les guerres contemporaines, à une époque où les réseaux de communication et les techniques de l'armement cherchent toujours plus à s'affranchir des contraintes géographiques, tandis que les questions environnementales se trouvent plus que jamais au coeur des conflits.
Résumé traduit
War and landscapes maintain close relationships. All the fighters in the world recognize the links existing between geography and strategy. All of them know perfectly how important a high ground, a large river, forest cover or swampy soil could be. The importance of landscape in war is so deep that collective memory often associates a feat of arms with a type of landscape: everyone remembers the (bleak) plain of Waterloo, the Vendée war groves, the Normandy beaches, the maquis des Glières or the Dien Bien Phu basin.At first glance, it may seem strange to associate war and landscape: the first word represents everything hateful ( violence, atrocity, brutality, death), whereas the second generally suggests positive values (the serenity of the landscape, the deep-rootedness of territories in their geography and their history, and the fascinating complexity of the living world). Combining these two words might suggest an oxymoron.A deeper analysis would show that most of our landscapes are impacted or produced by war. Some of them directly, through scarring and destruction. Some others indirectly, through preparation, collateral effects or reconstruction. Seen from this angle, war can be a precious tool to understanding how landscapes were formed or transformed. Thus war helps us to read the passage of time in the landscape and to understand it as a complex set of causes and effects in close relationship. Above all, it helps to enlarge the reading of a site and to appreciate the different scales and complexities of the landscape.This research is organized through the four main chronological steps of war:AVOIDANCE deals with the strategies to deter war: exile, sporting competitions, deterrent fortifications or the analysis of borders.PREPARATION explores the impact of war prepartions on the landscape: search for funding, acquisition of weapons, management of access roads, mapping of territories, securing of key sites.FIGHTING analyzes war's landscape through the prism of four elements: Land, simultaneously protector, stake and obstacle; Water, defensive ally or menacing threat; Air, asking the eternal question of climate during battle, but also the growing fear of invisible war (chemical, radioactive, or biological); and lastly Fire, so present in war that it has become synonomous.SURVIVING / REBUILDING deals with the challenge of the aftermath of conflicts: the grief and mourning that led to the invention of military cemeteries and war memorials, the need for memory that pushes us to tell or represent the war; the question of ruins, which must either be kept as proof or made to disappear in order to try to live again; the challenge of rebuilding of course, which deserves to be analyzed on an urban architectural and landscape level; finally the environmental dimension of conflicts through on the one hand the polemoflora, and on the other the impact of weapons and munitions, which, used or not, cause ecological consequences long after the end of conflicts.In conclusion, among the possible extensions we will question the place of landscape in contemporary wars, at a time when communication networks and weapons techniques are continually seeking to free themselves from geographical constraints, while environmental issues are more than ever at the heart of conflicts.
- Directeur(s) de thèse : Mastrorilli, Antonella
- Président de jury : Balducci, Valter
- Membre(s) de jury : Orioli, Valentina - Guével, Solenn
- Rapporteur(s) : Balducci, Valter - Keravel, Sonia
- Laboratoire : Laboratoire d'architecture, conception, territoire, histoire (Villeneuve d'Ascq)
- École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
AUTEUR
- Le Boudec, Bertrand

