L'image minérale, entre art et astronomie, la rémanence des pierres dans les visualisations et leurs imageurs
The mineral image — between art and astronomy, the remanence of rocks in visualisations and their imagers
- Visualisations
- Images
- Invisible
- Appareils
- Matérialité
- Minéralité
- Photographie en minéralogie
- Visualisation
- Photographie de l'invisible
- Art et photographie
- Matières premières
- Vizualisations
- Images
- Invisible
- Optical instruments
- Materiality
- Minerality
- Langue : Français
- Discipline : Arts (histoire, théorie et pratique)
- Identifiant : 2025ULILH044
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 28/11/2025
Résumé en langue originale
La condition minérale des images, appelée ici minéralité, dessine un champ iconographique commun aux expérimentations photographiques en art et aux visualisations astronomiques. Aussi bien dans les motifs proposés par ces représentations que dans leur processus de production, le minéral apparaît et opère. La minéralité invoque des dialogues d'échelles (astre / image de l'astre), de formes (substance concrète /figure abstraite) et de matières (photographie de mine / capteur fait de cristaux). Ces interactions se jouent entre les objets que l'on cherche à voir, les appareils qui enregistrent, et leurs images résultantes. Les capteurs photosensibles en silicium, les cratères lunaires, les lentilles en verre, la granulosité du motif, les miroirs des télescopes en argent… les éléments inorganiques permettent de convertir l'invisible et le traduisent pour l'œil humain. Aussi, les pierres deviennent des sujets de représentation à part entière au moment de l'apparition de la photographie, fermant la boucle entre la matière de l'objet technique et sa production visuelle. À travers de nombreux cas d'étude venus de l'art et de l'astronomie, la thèse propose une analyse très concrète des formes minérales (Images des minéralités) avant de fouiller les composantes tangibles qui rendent possibles ces visibilités (Minéralités des images). La symétrie de l'ensemble construit un palindrome photographique. Ainsi, il s'agit de mesurer comment la minéralité s'inscrit comme un nœud visuel, matériel, sémantique, et même génétique, dans les imageries astronomiques et les expérimentations photographiques contemporaines. Pour ce faire, l'étude perpétue l'effet de miroir comme méthode et s'appuie sur deux axes d'approches : celui des mots et celui des formes. Elle se traduit par un texte théorique abordé par le prisme de la plasticité du langage et par une exposition des propositions artistiques menées pour cette réflexion. La mise en avant historique de la lumière dans les écrits et les pratiques autour de la photographie semble quelque peu occulter la matérialité des images. L'oubli du minéral dans l'étude des visualisations soulève des questions de perception et de compréhension collectives des formes produites par nos appareils technologiques. La considération du lien entre les images, leurs imageurs, et leur environnement terrestre ou extraterrestre conduit la thèse à interroger la concrétude abstraite des imageries contemporaines. Le retour à la physicalité des figures captées — d'autant plus lorsqu'elles transcrivent les traces de phénomènes imperceptibles — s'impose comme un facteur essentiel à l'appréhension d'un monde de plus en plus perçu par le biais de ses représentations. Le nombre de photographies fabriquées par l'humanité dépassera peut-être prochainement la quantité de cailloux sur Terre. La conversion irréversible d'un milieu géologique en images de ce même monde raconte toute la complexité, les paradoxes, et les implications de la production visuelle technicisée. La minéralité n'est pas une propriété neutre, elle conduit à replacer l'image dans le champ des objets matériels.
Résumé traduit
The mineral condition of images, called minerality here, outlines an iconographic field common to photographic experiments in art and astronomical visualisations. Both in the patterns proposed by these representations and in their production process, the mineral appears and operates. Minerality invokes dialogues of scale (celestial object/image of the celestial object), form (concrete substance/abstract figure) and material (photograph of a mine/sensor made of crystals). These interactions occur between the objects we seek to see, the devices that record them, and their resulting images. Silicon photosensitive sensors, lunar craters, glass lenses, granularity of the image, silver telescope mirrors... inorganic elements enable the invisible to be converted and translated for the human eye. Stones also became new subjects of representation when photography first appeared, closing the loop between the material of the technical object and its visual production. Through a number of case studies from the fields of art and astronomy, the thesis offers a very concrete analysis of mineral forms (Images of Mineralities) before exploring the tangible components that make these visibilities possible (Mineralities of Images). The symmetry of the whole constructs a photographic palindrome. The aim is therefore to measure how minerality fits into contemporary astronomical imagery and photographic experiments as a visual, material, semantic and even genetic node. To this purpose, the study perpetuates the mirror effect as a method and draws on two approaches: one based on words and the other on forms. It takes the form of a theoretical text approached through the prism of the plasticity of language and an exhibition of the artistic proposals developed for this reflection. The historical focus on light in writings and practices surrounding photography seems to mask the materiality of images. The omission of minerals in the study of visualisations raises questions about collective perception and understanding of the forms produced by our technological devices. By considering the link between images, their image makers, and their terrestrial or extraterrestrial environment, the thesis questions the abstract concreteness of contemporary imagery. A return to the physicality of captured images—especially when they transcribe the traces of imperceptible phenomena—is essential to understanding a world that is more and more perceived through its representations. The number of photographs produced by humanity may soon exceed the number of stones on Earth. The irreversible conversion of a geological environment into images of that same world reveals all the complexity, paradoxes and implications of technical visual production. Minerality is not a neutral property; it leads us to replace the image in the sphere of material objects.
- Directeur(s) de thèse : Delbard, Nathalie
- Président de jury : André, Emmanuelle
- Membre(s) de jury : Acquarelli, Luca - Jones, Julie - Souben, Véronique
- Rapporteur(s) : André, Emmanuelle - Parfait, Françoise
- Laboratoire : Centre d'étude des arts contemporains (Villeneuve-d'Ascq, Nord ; 1996-....)
- École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société
AUTEUR
- Bitaux, Lucien



