Titre original :

La transition matrimoniale chez les Aït Yaflman

Titre traduit :

The marital transition among the Aït Yaflman

Mots-clés en français :
  • Mariage
  • Formes d'union
  • Choix de conjoint
  • Aït Yaflman
  • Rapports de genre
  • Rapports de génération

  • Mariage
  • Choix du conjoint
  • Relations intergénérationnelles
Mots-clés en anglais :
  • Marriage
  • Forms of union
  • Choice of partner
  • Aït Yaflman
  • Gender relationships
  • Inter-Generational relationships

  • Langue : Français
  • Discipline : Sociologie et démographie
  • Identifiant : 2025ULILA020
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 15/12/2025

Résumé en langue originale

Cette recherche s'intéresse à la transition matrimoniale au sein des Aït Yaflman, dans la région de Midelt au Maroc. Elle s'appuie sur une approche pluridisciplinaire à la croisée de la sociologie du genre, de la parenté, du mariage, de l'anthropologie culturelle et de l'histoire sociale. L'objectif est de comprendre les transformations sociales et culturelles qui ont affecté les pratiques matrimoniales depuis l'indépendance du Maroc en 1956 jusqu'à nos jours.Fondée sur une méthodologie qualitative nourrie par l'observation participante, les entretiens et les récits de vie, cette recherche explore la diversité des formes d'union (mariage virilocal, matrilocal, Amazzal, Am?ars, polygamie, etc.) dans cette région amazighe. L'étude met en lumière les changements structurels et symboliques dans la manière dont les individus vivent, négocient et redéfinissent leurs relations matrimoniales, conditionnés par un contexte en mutation.Les transformations constatées révèlent des dynamiques complexes entre tradition et modernité. L'ouverture à l'éducation, au salariat, à la mobilité géographique et à la culture écrite a contribué à reconfigurer les normes sociales, notamment celles liées aux rôles de genre et aux hiérarchies générationnelles. Les individus, menés par une vision pratique, naviguent entre plusieurs répertoires normatifs (religieux, coutumiers, modernes) et construisent leurs choix matrimoniaux en articulant des valeurs parfois contradictoires. Les formes de mariage dites secondaires, telles que l'Am?ars et l'Amazzal, bien qu'ayant perdu leur statut institutionnel avec l'instauration du droit positif, continuent d'exister sous des formes résiduelles ou transformées. Elles mettent en évidence des mécanismes sociaux d'ajustement face à des réalités économiques, familiales ou territoriales spécifiques.La thèse montre que les rapports de genre et de génération dans cette société ne sont évidemment pas immuables. Ils s'ajustent, selon les conjonctures et les stratégies individuelles, pouvant être rééquilibrés, voire inversés, en termes de pouvoir ou de capacité à peser sur les choix. Les normes sociales ne sont pas simplement subies, elles sont discutées, réinterprétées, négociées au quotidien par les individus, appropriées. Ces dynamiques illustrent les dynamiques des sociétés locales avec une conjugaison d'héritage culturel et d'adaptation au changement, dans une tension constante entre contraintes collectives et aspirations personnelles.

Résumé traduit

This research focuses on the matrimonial transition within the Aït Yaflman in the Midelt region of Morocco. It adopts a multidisciplinary approach at the intersection of the sociology of gender, kinship, and marriage, as well as cultural anthropology and social history. The objective is to understand the social and cultural transformations that have shaped matrimonial practices from Morocco's independence in 1956 to the present day.Based on a qualitative methodology enriched by participant observation, interviews, and life stories, this study explores the diversity of union forms (virilocal marriage, matrilocal marriage, Amazzal, Am?ars, polygamy, etc.) in this Amazigh region. It highlights the structural and symbolic changes in the ways individuals experience, negotiate, and redefine their matrimonial relationships, shaped by a shifting context.The observed transformations reveal complex dynamics between tradition and modernity. Access to education, salaried work, geographical mobility, and written culture has contributed to reshaping social norms, particularly those linked to gender roles and generational hierarchies. Individuals, guided by a pragmatic vision, navigate multiple normative repertoires (religious, customary, modern) and construct their matrimonial choices by articulating sometimes contradictory values. Secondary forms of marriage, such as Am?ars and Amazzal, although they lost their institutional status with the establishment of positive law, continue to exist in residual or transformed forms. They shed light on social mechanisms of adjustment to specific economic, familial, or territorial realities.The dissertation demonstrates that gender and generational relations in this society are by no means immutable. They are adjusted according to circumstances and individual strategies, sometimes rebalanced or even reversed in terms of power or influence over decision-making. Social norms are not merely endured; they are discussed, reinterpreted, negotiated, and appropriated by individuals in their everyday lives. These dynamics illustrate how local societies combine cultural heritage with adaptation to change, in a constant tension between collective constraints and personal aspirations.

  • Directeur(s) de thèse : Hammouche, Abdelhafid
  • Président de jury : Hayem, Judith
  • Membre(s) de jury : Monqid, Safâa
  • Rapporteur(s) : Combessie, Philippe - Labari, Brahim
  • Laboratoire : Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé)
  • École doctorale : École doctorale Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management (Lille ; 1992-....)

AUTEUR

  • Azerkane, Abdelaali