Économie politique de la colonisation en Afrique de l'Ouest Française
Political Economy of Colonization in French West Africa
- Colonisation
- Economie coloniale
- Afrique de l'Ouest
- Economie politique
- Pensée économique
- Entreprises coloniales
- Libéralisme
- Colonialisme (idée politique)
- Économie politique -- Histoire
- Afrique occidentale
- Colonization
- West Africa
- Economic thought
- Colonial economics
- Political economy
- Langue : Français
- Discipline : Sciences économiques
- Identifiant : 2025ULILA006
- Type de thèse : Doctorat
- Date de soutenance : 16/06/2025
Résumé en langue originale
Victor Schœlcher déclarait dans L'Économiste Français : « Ma philanthropie n'est pas aussi ‘‘singulièrement niaise'' qu'on vous l'a fait croire », soutenant le travail forcé pour construire le chemin de fer « civilisateur » du Sénégal. Cette déclaration illustre les compromis politiques, économiques et moraux de la colonisation de l'Afrique Occidentale Française (AOF) et les tâtonnements doctrinaux qui l'accompagnent.A travers une histoire de la pensée économique, cette thèse analyse la colonisation de l'AOF dans les productions de trois revues économiques françaises ¬choisies pour leur hétérogénéité : la Revue d'Économie Politique (REP), le Journal des Économistes (JDE), L'Économiste Français (EF). L'objectif est de comprendre comment les doctrines économiques débattues ont façonné et influencé les politiques coloniales et la structuration des économies. Il s'avère que dans ce contexte, la REP soutient un interventionnisme étatique structurant l'administration et les infrastructures, tout en intégrant une lecture raciale des enjeux économiques. Dans une combinaison de libéralisme et d'interventionnisme, le JDE et l'EF, critiquent l'inefficacité française tout en prônant une meilleure implication de l'État pour sécuriser les marchés et organiser les politiques migratoires, douanières ou foncières. Ces revues justifient également la conquête par des arguments civilisationnels, légitimant ainsi la spoliation de « terra nullius ».L'étude mobilise ensuite des sources complémentaires (« Annuaires des Entreprises Coloniales », archives biographiques, publications officielles) proposant une étude des réseaux économiques et politiques qui vont révéler un système où intérêts privés et structures institutionnelles se renforcent mutuellement.Enfin, le travail examine la mise en œuvre économique à travers l'entrepreneuriat colonial : l'implantation de compagnies commerciales entraîne une intervention accrue de l'État notamment militaire et la montée d'oligopoles va structurer le commerce ouest-africain et assurer la protection des intérêts coloniaux en limitant la concurrence. La conclusion souligne la complexité d'une pensée économique coloniale oscillant entre interventionnisme et libéralisme, et interroge ses héritages dans les dynamiques postcoloniales.Mots-clés :Libéralisme, colonialisme, Histoire de la pensée économique, colonisation, AOF, Afrique de l'Ouest, Journal des Économistes, L'Économiste français, Revue d'Économie Politique, État, entreprises coloniales.
Résumé traduit
Victor Schœlcher declared in L'Économiste Français: “My philanthropy is not as ‘singularly foolish' as you have been led to believe,” supporting the use of forced labor to build the “civilizing” railway in Senegal. This statement illustrates the political, economic, and moral compromises of the colonization of French West Africa (AOF) and the doctrinal uncertainties that accompanied it.Through a study of the history of economic thought, this thesis analyzes the colonization of AOF as presented in the works of three French economic journals selected for their heterogeneity: “La Revue d'Économie Politique” (REP), “Journal des Économistes” (JDE), and “L'Économiste Français” (EF). The objective is to understand how the debated economic doctrines shaped and influenced colonial policies and the structuring of economies. In this context, REP supports state interventionism as a means to structure administration and infrastructure while incorporating a racial reading of economic issues. In a combination of liberalism and interventionism, JDE and EF criticize French inefficiency while advocating for greater state involvement to secure markets and organize migration, land and customs policies. These journals also justify colonial conquest through civilizational arguments, legitimizing the expropriation of “terra nullius.”The study then draws on complementary sources (“Annuaires des Entreprises Coloniales”, biographical archives, official publications) to examine economic and political networks, revealing a system where private interests and institutional structures mutually reinforce each other.Finally, the research explores the economic implementation of colonization through colonial entrepreneurship. The establishment of trading companies led to increased state intervention, particularly military, while the rise of oligopolies structured West African trade and protected colonial interests by limiting competition. The conclusion highlights the complexity of colonial economic thought, oscillating between interventionism and liberalism, and questions its legacies in postcolonial dynamics.Key words:History of economic thought, liberalism, colonialism, colonization, AOF, French West Africa, Journal des Économistes, L'Économiste français, Revue d'Économie Politique, State, Colonial companies.
- Directeur(s) de thèse : Zouache, Abdallah
- Président de jury : Musy, Olivier
- Membre(s) de jury : Breban, Laurie - Obeng-Odoom, Franklin
- Rapporteur(s) : Gomez-Betancourt, Rebeca - Steiner, Philippe
- Laboratoire : Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé)
- École doctorale : École doctorale Sciences économiques, sociales, de l'aménagement et du management (Lille ; 1992-....)
AUTEUR
- Roudaire, Raphaël



