Titre original :

L'abbaye cistercienne de Vaucelles (Nord) aux XIIe et XIIIe siècles : étude architecturale et d'archéologie du bâti

Titre traduit :

The Cistercian abbey of Vaucelles (North) in the twelfth and thirteenth centuries : architectural study and building archeology

Mots-clés en français :
  • Architecture monastique
  • Cistercien
  • Archéologie du bâti

  • Abbaye Notre-Dame de Vaucelles
  • Architecture médiévale
Mots-clés en anglais :
  • Monastic architecture
  • Cistercian
  • Building archeology

  • Langue : Français
  • Discipline : Histoire, civilisation, archéologie et art des mondes anciens et des mondes médiévaux
  • Identifiant : 2019LIL3H037
  • Type de thèse : Doctorat
  • Date de soutenance : 01-10-2019

Résumé en langue originale

Située dans la vallée de l’Escaut, à treize kilomètres au sud-ouest de Cambrai, l’abbaye cistercienne de Vaucelles fut fondée en 1132 par Hugues d’Oisy, châtelain de Cambrai, sous la direction spirituelle de Bernard de Clairvaux. Une grande partie de l’abbaye fut détruite à la Révolution. Des bâtiments monastiques ne restaient que l’aile des moines, qui fermait le cloître à l’est, et le palais abbatial du XVIIIe siècle, qui furent reconvertis. L’occupation du site par les Allemands au cours de la Grande Guerre mit fin aux travaux d’embellissement entrepris par la famille Fontana, propriétaire depuis 1898. L’incendie des lieux marqua la fin du conflit : le bâtiment des moines perdit sa toiture et son premier étage, tandis que le palais abbatial fut presque entièrement détruit. En 1920, le bâtiment des moines fut classé au titre des Monuments historiques. Débuta une série de travaux qui s’intensifièrent à partir des années 1970. Aux mains de la famille Lagoutte, les bâtiments restaurés sont ouverts au public. Une nouvelle page se tourne en décembre 2017 puisque l’abbaye devient le dizième équipement culturel du département du Nord.Ce travail se focalise sur deux monuments des XIIe et XIIIe siècles : le bâtiment des moines, le seul qui soit, aujourd’hui, en grande partie conservé, et l’abbatiale consacrée en 1235 qui bénéficia de quelques opérations archéologiques entre 1879 et 2002 restées inédites. Le bâtiment des moines bénéficie aujourd’hui d’une étude d’archéologie du bâti confirmant une construction à partir de 1170 attribuée par les textes à l’abbé Aleaume (1166-1181). Il choisit, quarante ans après la fondation de l’abbaye, de bâtir une abbaye monumentale inspirée de Clairvaux, la maison-mère. Ce bâtiment est un exemple caractéristique d’une typologie monastique mise en place par les bénédictins et précisée par les cisterciens au cours de la première moitié du XIIe siècle. Il s’illustre par un travail de la pierre rationnel et de qualité et un décor d’une sobriété propre aux cisterciens.L’analyse archéologique des vestiges du bras nord du transept, mitoyen au bâtiment des moines, incite à attribuer à l’abbé Aleaume, non seulement la construction des ailes est et sud du cloître, mais aussi la conception du projet global d’une grande abbaye pérenne avec une nouvelle église. Cette hypothèse s’appuie également sur une nouvelle lecture des textes. Mais comme le suggère l’étude des vestiges, la structure générale de l’abbatiale d’Aleaume fut modifiée afin de lui donner une nouvelle monumentalité. Ces travaux, auxquels il faut ajouter la construction d’un chœur imposant, sont peut-être dus à l’abbé Godescalc (1181-1198) qui disparut entre 1192 et 1194, après la réception par l’abbé de Clairvaux d’un blâme de la part du Chapitre général de l’Ordre pour la somptuosité de l’abbatiale. La fouille exécutée en 1988 permit de mettre au jour les vestiges d’un chœur vraisemblablement postérieur à la croisée du transept. La singularité de son plan, à déambulatoire et chapelles rayonnantes discontinues, unique au sein de l’ordre cistercien, porta Villard de Honnecourt à le dessiner dans son carnet vers 1210/1215-1225, selon la datation récente proposée par Jean Wirth. Achevé en 1216, ce chœur témoigne de pratiques architecturales relevant du style gothique, qui se manifesta dans la région du nord de la France et dans les comtés de Champagne, de Flandre et du Hainaut à partir du dernier quart du XIIe siècle et jusqu’au milieu du XIIIe siècle. L’abbé commanditaire et son maître d’œuvre trouvèrent leurs modèles à l’extérieur de l’ordre. Ils s’inspirèrent de hauts lieux bénédictins comme Saint-Benoît-sur-Loire, en adaptant un modèle ancien aux nouveaux usages architecturaux.Cette étude, faisant appel à la fois aux textes, à l’iconographie, à l’archéologie et à l’histoire de l’art, invite à porter un nouveau regard sur l’abbaye de Vaucelles, à travers deux édifices majeurs construits entre 1170 et 1216.

Résumé traduit

Located in the Escaut Valley, thirteen kilometers southwest of Cambrai, the Cistercian Abbey of Vaucelles was founded in 1132 by Hugues d’Oisy, lord of Cambrai, under the spiritual direction of Bernard of Clairvaux. A large part of the abbey was destroyed during the Revolution. Monastic buildings remained only the aisle of the monks, which closed the cloister to the east, and the abbey palace of the eighteenth century, which were reconverted. The occupation of the site by the Germans during the Great War ended the embellishment work undertaken by the family Fontana, owner since 1898. The fire marked the end of the conflict: the building of the monks lost its roof and its first floor, while the abbey palace was almost completely destroyed. In 1920, the monks’ building was classified as a historic monument. Beginning a series of works that intensified from the 1970s. Into the hands of the family Lagoutte, restored buildings are opened to the public. A new page is turning in December 2017 since the abbey becomes the tenth cultural equipment of the department of North.This work focuses on two monuments of the twelfth and thirteenth centuries: the building of the monks, the only one that is today largely preserved, and the church dedicated in 1235 which benefited from some archaeological operations between 1879 and 2002 still unpublished. Today the monk’s building benefits from a study of building archaeology confirming a construction from 1170 attributed by the texts to the abbot Aleaume (1166-1181). He chose, forty years after the foundation of the abbey, to build a monumental abbey inspired by Clairvaux, the mother house. This building is a typical example of a monastic typology set up by the Benedictines and specified by the Cistercians during the first half of the twelfth century. It is illustrated by a work of the rational and quality stone and a sober decor in the spirit of the Cistercians.The archaeological analysis of the remains of north transept’, adjoining the monks’ building, encourages the attribution to Aleaume abbot, not only of the construction of the east and south aisles of the cloister, but also the conception of the overall project of a great perennial abbey with a new church. This hypothesis is also based on a new reading of the texts. But as suggested by the study of the remains, the general structure of the church of Aleaume was modified to give it a new monumentality. These works, to which must be added the construction of an imposing choir, are perhaps due to the abbot Godescalc (1181-1198) who disappeared between 1192 and 1194, after the reception by the abbot of Clairvaux of a blame from the General Chapter of the Order for the sumptuousness of the abbey. The excavation carried out in 1988 revealed the remains of a choir presumably posterior to the cross of the transept. The singularity of his plan, with ambulatory and discontinuous radiating chapels, unique within the Cistercian order, brought Villard de Honnecourt to draw it in his notebook around 1210/1215-1225, according to the recent dating proposed by Jean Wirth. Completed in 1216, this choir testifies to gothic architectural practices, that manifested in the region of northern France and in the counties of Champagne, Flanders and Hainaut from the last quarter of the twelfth century and up to the middle from the thirteenth century. The abbot and his master builder found their models outside the order. They were inspired by Benedictine sites like Saint-Benoît-sur-Loire, adapting an old model to new architectural uses.This study, using texts, iconography, archaeology and art history, invites us to take a new look at the Vaucelles abbey, through two major buildings built between 1170 and 1216.

  • Directeur(s) de thèse : Heck, Christian - Coomans, Thomas
  • Président de jury : Blary, François
  • Membre(s) de jury : Heck, Christian - Coomans, Thomas - Blary, François - Hamon, Étienne
  • Rapporteur(s) : Blary, François
  • Laboratoire : Institut de recherches historiques du Septentrion (Villeneuve d'Ascq, Nord)
  • École doctorale : École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord)

AUTEUR

  • Conan, Sandrine
Droits d'auteur : Ce document est protégé en vertu du Code de la Propriété Intellectuelle.
Accès réservé aux membres de l'Université de Lille sur authentification